Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE
Une société communiste peut être réalisée par la révolution non armée du peuple. Un moyen puissant d'y parvenir est le non-vote collectif, comme mentionné précédemment. En quoi consiste donc ce processus ?
1. Déterminer le moment opportun pour la révolution.
1.1. Persistance de la souffrance sociale
Dans ce chapitre, j'aimerais examiner un processus pouvant servir de modèle pour une révolution potentielle, en me concentrant sur l'autre méthode de révolution abordée dans le chapitre précédent : la révolution fondée sur le non-vote collectif. Le premier obstacle est de déterminer le moment opportun pour la révolution.
Si une révolution ne se produit pas à une date précise comme un coup d'État, elle n'éclate pas non plus soudainement comme un séisme majeur. Il existe un moment propice à la révolution. En particulier, les révolutions fondées sur le non-vote collectif diffèrent des soulèvements populaires, souvent déclenchés par des manifestations spontanées, et le choix du moment est crucial. Alors, quel est ce moment opportun ?
Avant toute chose, il est essentiel que beaucoup prennent conscience des limites du capitalisme. Cela signifie que la crainte de ne plus pouvoir vivre sous ce système acquiert un caractère d'urgence bien réel.
Cependant, une Grande Dépression soudaine n'entraînera pas immédiatement une révolution. Historiquement, la Grande Dépression de 1929 n'a pas provoqué de révolutions, non seulement à son épicentre, les États-Unis, mais aussi en Europe, en Asie et dans d'autres pays.
Au cœur d'une crise économique brutale, les masses peuvent supporter une pauvreté temporaire et garder espoir en l'avenir. De ce fait, la volonté de mettre fin au capitalisme par la révolution n'émerge pas. Comme l'affirme la Déclaration d'indépendance des États-Unis : « Les hommes sont plus enclins à souffrir, tant que les maux sont supportables, qu'à se redresser en abolissant les formes auxquelles ils sont habitués.»
Par conséquent, une révolution ne surviendrait que lorsqu'une situation de souffrance insupportable et persistante s'installerait. Plus précisément, cette souffrance sociale, qu'il faudrait aussi appeler souffrance capitaliste, ne se limite pas à l'angoisse générale liée à l'alimentation et au logement due à l'aggravation de la crise environnementale. Elle englobe également des problèmes chroniques tels que l'insécurité permanente liée à la précarité de l'emploi et des retraites, la désintégration des communautés locales et l'éclatement des familles dus à la perte progressive du lien social, ainsi que la hausse de la criminalité engendrée par ces facteurs.
Par ailleurs, si le pouvoir politique parlementaire en place (ou le pouvoir électoral en général) se révèle incapable de prendre des mesures efficaces et appropriées pour faire face à ces crises chroniques, et si la situation perdure sans intervention, la patience de la population atteindra ses limites. Lorsque ces conditions seront quasiment réunies, on pourra y voir le signe avant-coureur d'une révolution.
1.2. L'ère du capitalisme tardif
Alors, quand exactement la révolution commencera-t-elle ? À cet égard, le « capitalisme mondial » actuel, en pleine expansion, prend l'allure d'une « économie tsunamique », où une crise économique et financière dans un pays se propage à l'échelle planétaire. Il faut également tenir compte de la stagnation de l'activité économique causée par des phénomènes naturels tels que des conditions météorologiques extrêmes, des catastrophes majeures et des maladies infectieuses, susceptibles de déclencher une récession économique mondiale.
De plus, même si l'économie connaît une phase de forte croissance temporaire, les entreprises se prépareront à l'imprévu et s'efforceront de réduire leurs coûts salariaux plus que jamais (exploitation préventive), ce qui aboutira à une reprise économique (stable) sans création d'emplois. Ce scénario est fort probable. Dans ce cas, le phénomène paradoxal de « vie difficile dans une économie florissante » devient tout à fait normal.
Le « capitalisme mondial » déstabilisera le système économique mondial, et les limites du capitalisme apparaîtront clairement dans chaque pays, à sa manière. De ce point de vue, on peut affirmer que le capitalisme est déjà entré dans une phase avancée de souffrance prolongée, telle que décrite précédemment, voire dans une phase apocalyptique.
1.3. L'heure de la formation de la Convention des Communes
Si tel est le cas, on peut dire que l'élan nécessaire à la mise en place de la Convention des Communes en tant qu'organisation révolutionnaire, comme proposé au chapitre précédent, est en train d'arriver. La structure de base de cette organisation ayant été décrite au chapitre précédent, je n'y reviendrai pas.
En résumé, la nouvelle révolution communiste du XXIe siècle (et au-delà) sera une série de révolutions mondiales qui débutera avec la formation de la Convention mondiale des Communes et se poursuivra par des révolutions au niveau national. et se conclut par la création du Commonwealth mondial. Le présent chapitre a pour objet de préciser les modalités de ce processus.
👉La table des matières jusqu'à présent est ici.