mercredi 18 février 2026

Sur le Communisme:Page51

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Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

3. Faites-le différemment du Parti communiste.

3.4. Alliance flexible

J'ai indiqué que la Convention des Communes prérévolutionnaire était une organisation décentralisée de type réseau, sans direction centrale. Cependant, ce type d'organisations en réseau ont tendance à avoir des adhésions trop laxistes et à se transformer facilement en activités de type club.

C'est pourquoi l'adhésion à la Convention des Communes prérévolutionnaire est encadrée par des règles strictes. Seuls ceux qui ont adhéré à l'intégralité des articles du Pacte de la Convention des Communes, qui constitue sa constitution, peuvent en devenir membres.

Ces membres sont tenus de verser annuellement une contribution aux frais de fonctionnement égale ou supérieure au montant minimum prévu par le pacte.

Outre les membres du Comité central (ou fédéral) de liaison, les membres des Comités de liaison des Conventions des Communes locales sont tirés au sort parmi les membres de l'alliance. Dans le cas des Conventions des Communes locales, ils doivent résider dans la juridiction concernée. Leur mandat est d'environ deux ans.

Ainsi, la mise en place d'un système de rotation des postes au sein de l'organisation par tirage au sort permet d'éviter la sclérose en plaques des dirigeants et la création d'une bureaucratie interne autoritaire, comme c'est le cas dans les organisations du Parti communiste.

De plus, les délégués à l'assemblée générale qui ont le droit d'assister à l'assemblée générale de la Convention des biens communs sont élus parmi les membres du comité de liaison de la Convention des Communes provinciale (ou quasi-zonale) et régionale. Par ailleurs, un nombre déterminé de membres ordinaires peuvent également y assister, selon le principe du premier arrivé, premier servi.

Bien que le nombre de ces membres principaux de l'alliance soit limité dans une certaine mesure, aucune activité dite « d'organisation », telle que le recrutement de membres du parti, ne sera menée. À la place, des employés à temps plein mèneront des activités inspirantes via Internet et se concentreront sur la diffusion volontaire auprès de sympathisants externes.  

L'adhésion et l'organisation de la Convention des Communes ne sont en aucun cas de type cercle, mais il ne s'agit pas non plus d'une « unité de fer » à la manière du Parti communiste ; avec un nombre limité de membres de l'alliance comme noyau, elle sera composée d'un grand nombre de sympathisants volontaires formant une extension, et sera une organisation de type amibe que l'on peut qualifier d'« alliance flexible ».


3.5. Fusion du rouge et du vert

La Convention des Communes pré-révolutionnaire diffère idéologiquement du Parti communiste en ce qu'elle intègre l'écologie. Cela s'est également reflété dans la nouvelle méthode d'économie planifiée mise en œuvre après la révolution, appelée économie planifiée durable, que nous avons vue au chapitre 2.  

À cet égard, il convient de rappeler que depuis la dissolution de l'Union soviétique, des partis écologiques tels que le Parti vert ont vu le jour principalement en Europe en réponse à l'intérêt sans précédent pour les questions environnementales mondiales.  

Cependant, le Parti vert est généralement négatif à l'égard du communisme et ne préconise que le renforcement des réglementations environnementales dans le cadre du capitalisme, sans tenter de changer fondamentalement le mode de production. En ce sens, leur position revient finalement à un « capitalisme vert », qui se contente de teinter le capitalisme de vert. 

Cela ne fera qu'inciter le capital à poursuivre des stratégies opportunistes de recherche de profits, telles que les éco-entreprises. Un exemple symbolique en est la politique d'exportation de l'énergie nucléaire, qui promeut les mesures de lutte contre le réchauffement climatique comme justification, mais le « capitalisme vert » ne peut pas critiquer fondamentalement les pratiques commerciales éco-opportunistes du capital. 

D'autre part, les syndicats ont tendance à s'allier à la direction pour s'opposer aux réglementations environnementales, craignant qu'une baisse de la production ou une augmentation des coûts de production due à des réglementations environnementales plus strictes n'entraîne des licenciements. Le Parti communiste, qui se montre compréhensif à l'égard de la position des syndicats, est également susceptible d'adopter une position anti-écologique, en partie en raison de sa méfiance à l'égard de la montée en puissance du Parti vert.

La Convention des Communes pré-révolutionnaire vise à redéfinir un nouveau communisme qui intègre l'écologie, existant entre le « capitalisme vert » anticommuniste et l'« anti-écologie » communiste.  

La couleur traditionnelle du communisme est le rouge. Étant donné que la Convention des Communes pré-révolutionnaire vise également le communisme, il est tout à fait acceptable d'utiliser le rouge comme couleur de base, mais en y ajoutant du vert. Cependant, il ne devrait pas s'agir simplement d'une combinaison de deux couleurs, le rouge et le vert, mais plutôt d'une sorte d'arabesque, d'une fusion du rouge et du vert dans une dimension profonde.


3.6. Mouvement de non-vote collectif 

L'activité principale de la Convention des Communes prérévolutionnaire consiste avant tout à développer un mouvement de non-vote collectif(abstention), qui deviendra une nouvelle méthode de lutte révolutionnaire. Autrement dit, en prenant pour base la Convention mondiale des Communes, et grâce aux Conventions des Communes de chaque pays qui y collaborent, vous augmenterez progressivement le nombre d'abstentionnistes lors des différentes élections publiques, saperez la légitimité des parlements et gouvernements en place et conduirez à une révolution.

Il convient de noter ici les mouvements dans les pays où le vote est obligatoire et passible de sanctions. Dans ce cas, l'abstention est considérée comme un acte criminel. Cependant, dans la plupart des cas, il s'agit d'un délit mineur puni d'une amende et rarement appliqué avec rigueur. Mais si l'abstention est sévèrement punie, elle devient une forme de désobéissance civile.

En revanche, dans les pays où les systèmes électoraux n'existent pas encore, ou même s'ils existent, où les élections ne sont plus qu'une simple formalité du fait du régime de parti unique, les campagnes collectives de non-vote ne peuvent d'emblée se développer efficacement. Dans ce cas, la Convention des Communes devrait privilégier les activités contre-législatives mentionnées au paragraphe suivant plutôt que le mouvement d'abstention, ou, si cela s'avère difficile, constituer une Convention des Communes en exil à l'étranger.

Par ailleurs, les mouvements de la Convention des Communes dans les pays où les partis communistes ont instauré des régimes de parti unique peuvent, à première vue, sembler paradoxaux, opposant le « communisme au communisme ». Cependant, des divergences existent entre le communisme partisan des partis communistes en place et le communisme des Conventions des Communes ; l'expression « opposer le communisme au communisme » n'est donc pas contradictoire.

Dans ce cas, plutôt que d'attaquer le parti communiste dictatorial depuis l'extérieur en adoptant une position anticommuniste, un mouvement de contestation interne se développe, fondé sur une nouvelle forme de communisme redéfinie.


3.7. Activités contre-législatives

Le deuxième pilier des activités de la Convention des Communes prérévolutionnaire est constitué par les activités anti-législatives. Il s'agit des activités législatives et exécutives menées par le Pacte des Commons pour s'opposer aux institutions législatives existantes. Bien sûr, lorsque l'on parle ici de « législation », dans la phase pré-révolutionnaire, il s'agit encore d'un programme privé qui n'a pas d'effet en tant que loi ordinaire, mais une fois la révolution achevée, il devient une loi officielle, pour ainsi dire, c'est une chrysalide de la loi. 

Au centre de cela se trouve la Charte. Une charte est la norme la plus élevée équivalente à une constitution en termes de système juridique national existant, et peut pratiquement être appelée une constitution. Comme déjà mentionné, le communisme ne suppose pas un État souverain, donc la constitution, qui est la norme la plus élevée de la société, se présente sous la forme d'une charte (la Charte de la Convention des Communes).

Ces chartes utilisent la Charte de la Convention Mondiale des Communes, qui sert également de charte du Commonwealth mondial, comme source unifiée du droit, et chaque charte de la Convention des Communes est promulguée. De cette manière, les chartes sont promulguées à plusieurs niveaux pour chaque sphère, formant un réseau de chartes.  

Outre la promulgation de la Charte, l'adoption d'une législation économique relative au mécanisme d'une économie planifiée durable constitue également une activité législative importante de la Convention des Commons pré-évolutionnaire. Afin d'éviter les troubles économiques et sociaux post-révolutionnaires, des préparatifs pré-révolutionnaires minutieux sont indispensables, car l'abolition de l'économie monétaire est une entreprise majeure dans l'histoire de l'humanité.


3.8. Abstention de devenir un parti politique

Au-delà des deux axes d'activité mentionnés précédemment, on peut se demander si la Convention des Communes prérévolutionnaire devrait également s'engager dans des activités de type parti politique, telles que la participation aux élections.

Tout en approuvant fondamentalement l'orientation de la Convention des Communes, qui vise un nouveau communisme, si le capitalisme est suffisamment dynamique et ne risque pas de s'effondrer de lui-même, il est envisageable de recommander, avec prudence, de viser d'éventuelles réformes par le biais des élections, dans le cadre du capitalisme.

Toutefois, la Convention des Communes prérévolutionnaire ne devrait pas se transformer en parti politique ni en organisation politique similaire. Cela marque une rupture majeure avec le Parti communiste établi.

Comme indiqué précédemment, dans le monde post-soviétique, de nombreux partis communistes résiduels participent aux élections parlementaires et détiennent un certain nombre de sièges. Parallèlement, la plupart d'entre eux ont de fait abandonné la révolution communiste et se sont adaptés au capitalisme, car il leur serait difficile de gagner et de conserver des sièges autrement.

C’est aussi parce que le système parlementaire bourgeois contraint tous les partis parlementaires, y compris le Parti communiste, à s’assimiler au capitalisme comme condition implicite à leur maintien au Parlement. De ce fait, le sens du terme « communisme » se vide de sa substance et devient un simple nom. Il serait absurde que la Convention des Communes prérévolutionnaire suive la même voie que les partis communistes restants. Par conséquent, il convient d’interdire formellement à la Convention des Communes prérévolutionnaire de se transformer en parti politique et de participer aux élections.

En définitive, la Convention des Communes prérévolutionnaire n’est ni un parti politique, ni une organisation clandestine, mais elle doit conserver son statut d’organisation de mouvement ouverte, destinée à devenir une organisation gouvernementale officielle après la révolution.


3.9. Activités de troc d'entraide

La Convention des Communes prérévolutionnaire est un mouvement révolutionnaire qui rejette les éléments de type club et œuvre à la réalisation du noble objectif d'établir une société communiste. Pour soutenir un mouvement aussi ambitieux, les activités politiques seules ne suffiront probablement pas à maintenir l'organisation sans difficulté. Elle doit également offrir des avantages économiques à ses membres.

Par conséquent, en plus de l'activité politique, il serait avantageux pour la La Convention des Communes prérévolutionnaire de commencer à former des réseaux de troc entre ses membres en vue de l'économie planifiée post-révolutionnaire, qui ne sera plus basée sur le système monétaire. Cela pourrait également être considéré comme une activité d'entraide axée sur le bien-être, dans la mesure où elle implique l'échange de biens de première nécessité et le soutien mutuel.

Ces activités d'entraide par le troc peuvent également avoir une importance sociale en tant que mouvement de soutien aux personnes démunies en dehors de l'organisation, pouvant servir de moteur pour obtenir la reconnaissance sociale de la Convention des Communes et l'aider à s'implanter dans la société.



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mercredi 21 janvier 2026

Sur le Communisme:Page50

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Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

3. Faites-le différemment du Parti communiste.

3.1. La Convention des Communes comme mouvement révolutionnaire

Comme son nom l'indique, on considérait traditionnellement que la révolution communiste devait être menée par le Parti communiste, mais ce n'est plus le cas. La révolution communiste populaire présentée ici est une révolution directe menée par le peuple non partisan, et non par le Parti communiste, mais par toute organisation politique.

Cependant, je ne prétends pas naïvement que l'œuvre révolutionnaire puisse se réaliser sans aucune organisation. Organiser un mouvement révolutionnaire est également indispensable. Quelle est cette organisation ? 

Il s'agit de la Convention des Communes. Ce concept a déjà été évoqué. Bien qu'elle apparaisse comme une nouvelle organisation dirigeante dans une société communiste où l'État est aboli, la Convention des Communes a également la cohérence d'une organisation formée et développée comme mouvement révolutionnaire avant la révolution.  présente

Cette « Convention des Communes prérévolutionnaire » est une organisation destinée à devenir un organe de gouvernement officiel après la révolution – une sorte de chrysalide, en quelque sorte. Nous avons déjà abordé la structure de la Convention des Communes après la révolution au chapitre 4, nous allons donc ici examiner la Convention des Communes avant la révolution.


3.2. Aperçu de la Convention des Communes prérévolutionnaire (1) : Convention Mondiale des Communes

Une révolution communiste abolissant l'économie monétaire et le système étatique ne peut être menée par un seul pays ; elle doit passer par des révolutions successives dans chaque pays et aboutir à la création d'un Commonwealth mondial transnational.

À cette fin, la Convention des Communes doit franchir une première étape vers une organisation mondialiste qui transcende les nations existantes : la formation de la Convention Mondiale des Communes.

La Convention Mondiale des Communes est le centre mondial du mouvement des Conventions des Communes et est destinée à faire office d'Assemblée générale du Commonwealth mondial une fois celui-ci établi.

Cependant, bien qu'elle soit qualifiée de centre mondial, la relation entre la Convention Mondiale des Communes et les Conventions des Communes de chaque pays n'est pas une relation hiérarchique entre siège et antennes. Elle se positionne comme un forum d'échange d'informations et d'analyse de la situation.

Parallèlement, il est également important de créer une Convention des Communes au niveau des grandes zones, comme évoqué au chapitre 4. Une Convention sera mise en place pour chacune des cinq grandes zones, décrites plus en détail dans le dernier chapitre. À terme, cet organe représentatif élira cinq représentants qui constitueront la Conférence des représentants des grandes zones, laquelle fera office d'organe exécutif du Commonwealth mondial. Dans l'intervalle, elle fera office de conseil général provisoire pour la Convention des Communes de chaque pays appartenant à la grande région qui constituera la future grande zone.

Soutenir les Conventions des Communes exilées dans les pays où leurs activités sont particulièrement difficiles, car des organisations telles que la Convention des Communes y sont la cible de répression et de persécution, est une mission importante de la Convention des Communes des grandes zones. C'est pourquoi la Convention des Communes des grandes zones disposera d'une base temporaire dans un pays où ses activités sont relativement libres, voire exemptes de risques.


3.3. Aperçu de la Convention des Communes prérévolutionnaire (2) : Convention des Communes dans chaque pays

Lorsque le Commonwealth mondial sera établi par le biais de révolutions successives, les nations souveraines seront abolies. Toutefois, avant la révolution, une Convention des Communes, liée à la Convention mondiale des Communes, devra être mise en place dans chaque pays existant.

À cette époque, compte tenu du système de cohérence mentionné précédemment, l'organisation de la Convention des Communes de chaque pays a été établie à chaque niveau : communes, regions, régions provinciales (quasi-zones dans le cas des États fédéraux), conformément à l'évolution post-révolutionnaire. Si les organes directeurs correspondant aux régions ou provinces n'avaient pas été établis avant la révolution, des divisions provisoires seront appliquées.

Cependant, même dans ce cas, il n'existe aucune relation hiérarchique entre la Convention des Communes des zones et la Convention des Communes de chaque aire locale, et aucun organe de direction centralisé, tel qu'un comité central, n'est placé au sein de la Convention des Communes des zones.

Un Comité central de liaison (Comité fédéral de liaison pour les États fédéraux) sera créé afin de relier les réseaux locaux. Pour éviter une centralisation des opérations dans la capitale, ce comité sera situé dans une ville autre que la capitale.

Outre ses réunions régulières, le Comité central de liaison organise et anime une assemblée générale annuelle. Cette assemblée générale est un lieu d'échange d'informations et d'analyse de la situation et, contrairement aux congrès des partis politiques, elle n'adopte pas de résolutions contraignantes.

Par ailleurs, la Convention des Communes des régions provinciales (ou quasi-zones) et des régions disposeront également d'un Comité de liaison. Ce dernier assurera la liaison avec les Conventions des Communes de chaque région. De plus, un Comité de liaison restreint sera mis en place au sein des Conventions des Communes des communes et servira d'intermédiaire avec les Conventions des communes des régions.

Ainsi, contrairement au Parti communiste, la Convention des Communes ne possède pas de direction centrale ; par conséquent, le Comité central de liaison n’a ni président ni secrétaire général. Elle fonctionnera comme une organisation décentralisée en réseau, où la Convention des Communes de la zone et les Conventions des Communes de chaque aire locale au sein de celle-ci coopéreront de manière organique.




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mercredi 24 décembre 2025

Sur le Communisme:Page49

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Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

2. Il existe une autre voie vers la révolution.

2.1. Méthodologie de la révolution

En parlant de révolution, la théorie prolétarienne de la révolution dans le passé supposait que la classe ouvrière armée se dresserait en armes. Mais Marx, qui était fondamentalement un révolutionnaire armé, suggérait également que la révolution pouvait être menée par des moyens pacifiques. Cependant, il n'a jamais précisé de méthodologie spécifique pour une « révolution pacifique ».  

Peu importe à quel point on appelle à la révolution, si l'on ne trouve pas de moyen concret de la mettre en pratique, elle finira par n'être qu'un vain mot. Cependant, dans le passé, on avait peu tendance à réfléchir aux révolutions d'un point de vue méthodologique, et même à une époque où les gens pouvaient encore ressentir une grande part de réalité dans les révolutions, ils avaient tendance à se contenter d'images vagues de révolutions armées.  

Cependant, c'est précisément parce que la révolution perd aujourd'hui de sa réalité qu'il est nécessaire de s'interroger en profondeur sur la méthode de la révolution, en particulier la méthode adaptée à la révolution plébéienne présentée dans la section précédente. C'est ainsi que la réalité de la révolution sera retrouvée.


2.2. Soulèvement populaire

Le soulèvement populaire est l'image la plus symbolique de la révolution, de par son caractère dramatique. La Révolution russe (1917) est un exemple représentatif de révolution populaire réussie depuis le XXe siècle, mais la Révolution cubaine (1959), où des jeunes ont mené des soulèvements armés par le biais d'activités de guérilla, peut également être incluse dans cette catégorie.

Dans ce type de soulèvement, les participants sont généralement armés, mais il existe aussi des soulèvements populaires non armés. Les manifestations de grande ampleur (1989) qui ont entraîné la chute du mur de Berlin et la dissolution de l'ancienne Allemagne de l'Est, satellite fidèle de l'ancienne Union soviétique, symbolisent le système collectiviste de type soviétique et la Guerre froide. Elles peuvent également être considérées comme un exemple de soulèvement populaire non armé.

Dans tous les cas, l'opposant à une révolution provoquée par un soulèvement populaire est toujours un régime autocratique et répressif. En effet, un soulèvement populaire d'envergure ne peut se réaliser que si l'antipathie et la haine du peuple envers le régime sont canalisées.

En ce sens, une révolution provoquée par un soulèvement populaire engendrerait une confrontation féroce avec le régime. Outre l'inévitabilité d'un affrontement généralisé avec les forces de police et militaires mobilisées par le régime pour le réprimer, comme ce fut le cas lors de la Révolution russe, les manœuvres contre-révolutionnaires de l'ancien régime pourraient dégénérer en guerre civile, même après la fin de la révolution.

Par ailleurs, il arrive que le régime lui-même devienne aussi oppressif que l'ancien. L'oppression exercée par le Parti communiste après la Révolution russe en reste l'exemple le plus amer.

De manière générale, les révolutions provoquées par des soulèvements populaires sont souvent déclenchées par des manifestations spontanées, et il est difficile d'en prévoir le déroulement et l'évolution.

Quoi qu'il en soit, on peut affirmer que les chances d'assister à une révolution par ce biais diminuent aujourd'hui, à mesure que les formes flagrantes de tyrannie s'estompent. Une révolution plébéienne, sous la forme d'un soulèvement populaire, reste possible sous des régimes totalitaires répressifs, mais elle sera relativement limitée.


2.3. Non-vote collectif

Ces dernières années, de nombreux pays ont mis en place des élections dites « démocratiques ». Si cette tendance est encourageante, dans de nombreux pays, la représentation politique indirecte par les élections est devenue dysfonctionnelle en raison de l'éloignement entre les politiciens et le peuple, du trafic d'influence et de la corruption, et atteint ses limites.

Or, il est pratiquement impossible de renverser par un soulèvement populaire un régime issu d'élections répondant aux critères « démocratiques ». Par conséquent, la méthode du non-vote collectif est supposée. Il s'agit d'une méthode par laquelle les électeurs ne votent pas collectivement à toutes les élections publiques, nationales et locales, afin d'empêcher l'élection des candidats et la formation de tout parlement et gouvernement (y compris au niveau local).

Ainsi, après avoir instauré un climat d'anarchie en invalidant légalement les élections conformément à la loi électorale, des mesures sont prises pour assurer une transition pacifique du pouvoir par la négociation avec l'ancien gouvernement. Par conséquent, cette méthode est fondamentalement une révolution pacifique et non violente, et présente également le caractère unique d'une « révolution à domicile », dans laquelle les citoyens n'ont pas besoin de descendre dans la rue pour mettre en œuvre le non-vote collectif. 

Cependant, à ma connaissance, aucun exemple historique de révolution ayant eu recours à cette méthode n'a été recensé. Cela s'explique par la difficulté technique inhérente au non-vote collectif.

En effet, la loi électorale fixe le nombre minimum de votes requis pour une élection à un niveau très bas, presque intentionnellement, afin de se prémunir contre des situations telles que l'abstention massive. Dans certains pays, le vote lui-même est même obligatoire et passible de sanctions. De ce fait, le pouvoir en place peut contraindre les masses à voter sous la menace de sanctions.

Ainsi, le non-vote collectif, dans sa forme la plus pure, risque de ne pas aboutir si elle n'est pas combinée aux méthodes de soulèvement populaire décrites précédemment. Malgré ces difficultés techniques, cette méthode peut être considérée comme adaptée à la révolution populaire, en tant que forme alternative de révolution par la désobéissance civile.



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vendredi 5 décembre 2025

Sur le Communisme:Page48

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Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

1. Les acteurs principaux de la révolution sont les gens ordinaires.

1.4. Déconstruction de la « révolution prolétarienne »

Les marxistes, qui autrefois appelaient vigoureusement à la « révolution prolétarienne », semblent aujourd'hui abandonner cette « révolution prolétarienne » difficile et s'adapter au capitalisme dans une situation où la classe ouvrière a quasiment intégré le capitalisme à son propre fonctionnement. En fait, bon nombre des partis marxistes qui subsistent aujourd'hui dans le monde (les partis marxistes de divers pays qui ont survécu à la dissolution de l'Union soviétique) ont, explicitement ou implicitement, tenté de changer de cap au nom du « pragmatisme ».

Cependant, je voudrais ici éviter ce « pragmatisme » qui revient à s'abandonner soi-même et explorer autant que possible la voie vers le communisme. À cette fin, la « révolution prolétarienne » doit être déconstruite à l'aide d'une terminologie et d'une méthodologie différentes.


1.5. Le signe commun de l'« exploitation »

Il convient tout d'abord de confirmer le principe fondamental selon lequel le sujet central latent de la révolution communiste est la classe ouvrière. Or, comme mentionné précédemment, la classe ouvrière actuelle est profondément divisée. Cependant, certains signes permettent sa réunification. Il s'agit de l'« exploitation » abordée au chapitre 3.

À cet égard, la terminologie capitaliste tend à minimiser la portée de l'« exploitation » et à la limiter aux cas de travail extrêmement mal rémunéré. Mais, en réalité, des personnes sont contraintes au travail non rémunéré sous divers prétextes et sont ainsi « exploitées ».

Du point de vue de l'exploitation, il n'y a pas de différence essentielle entre la classe ouvrière en général et la classe ouvrière supérieure, entre la classe stable et la classe instable au sein de la classe ouvrière en général, et même entre les travailleurs du secteur privé et ceux de la fonction publique. La différence réside dans la manière dont l'exploitation se manifeste. Autrement dit, il ne s'agit que de distinguer l'exploitation à bas salaire qui conduit à la pauvreté, de l'exploitation à salaire élevé qui permet de survivre mais qui engendre l'épuisement et la mort par surmenage.

De plus, la différence entre les classes stables et instables deviendra relative du fait de l'assouplissement des règles de licenciement et de la compression des salaires des salariés permanents – une situation déjà observée dans les PME aux structures de gestion fragiles.

Par ailleurs, il est très difficile d'apaiser le conflit générationnel entre actifs et retraités. Cependant, il semble possible d'y remédier partiellement grâce au concept d'« exploitation différée ».

Autrement dit, le montant des pensions de retraite est calculé sur la base du salaire perçu au moment de l'emploi actuel, auquel s'ajoutent les cotisations versées. Ainsi, si les retraités sont sous-payés durant leur activité professionnelle, leurs futures pensions resteront faibles. De cette manière, la pension de vieillesse n'est rien d'autre qu'une forme d'« exploitation différée » qui se prolonge jusqu'à un âge avancé. Ce constat sera encore plus flagrant si un système de retraite par capitalisation, basé sur la responsabilité individuelle et les revenus, est mis en place, assurant une parfaite adéquation entre les prestations et les cotisations.

Par conséquent, l'image de retraités vivant insouciants de leur pension, financée par les cotisations versées régulièrement par les actifs, est erronée. En réalité, les pensions seules ne suffisent pas, et de nombreuses personnes âgées se retrouvent en difficulté financière. Cela pourrait être votre cas ou le mien un jour.

J'aimerais appeler « exploitediat (exploités) » les personnes qui partagent le même indicateur d'exploitation, même si la forme de cette exploitation varie.


1.6. La perspective de l'« environnement global »

Nous vivons à une époque où la catégorisation des individus comme « classe ouvrière » est devenue obsolète. Il convient donc d'intégrer la perspective de l'« environnement global » à la notion d'« exploitation ».

Naturellement, si le fondement de la survie, l'environnement global, est détruit, la survie elle-même devient impossible. Garantir la durabilité de l'environnement global est donc un défi commun à tous.

Or, le capitalisme repose lui aussi sur l'« exploitation » de l'environnement global. Cette exploitation est d'une nature différente de l'exploitation du travail ; il s'agit d'une exploitation littérale qui nous prive de nos ressources environnementales. Il en résulte une crise de survie.

Appelons « écologiat » les personnes dont le cadre de vie est menacé par la dégradation de l'environnement global – qui, pour la plupart, appartiennent à la classe ouvrière, à la petite et moyenne paysannerie.

Si l’on élargit l’indicateur commun d’« exploitation » pour y inclure l’exploitation de l’environnement mondial, cet indicateur peut s’affranchir des frontières traditionnelles de classe et, en y ajoutant « écologiat », il peut devenir un indicateur commun permettant une solidarité interclasse qui inclut des personnes autres que la classe ouvrière.


1.7. Possibilité de la « révolution plébéienne »

C'est pourquoi je voudrais présenter le nouveau terme « plèbe », ou « les communs (le peuple) », qui englobe le exploitediat et l'écologiat, unis sous l'étiquette commune élargie d'« exploitation », ainsi que les classes moyennes qui se trouvent dans une situation similaire. Les communs sont les acteurs de la nouvelle révolution communiste.

Soit dit en passant, un synonyme de « les communs » est « les masses », qui est peut-être plus populaire. Mais ici, nous faisons une distinction claire entre les commons et les masses. Les masses sont politiquement inconscientes, flottantes, et donc opportunistes et en même temps facilement provoquées en une foule d'individus désunis qui, dans le pire des cas, sont attirés par le fascisme.

En revanche, les communs auxquels nous faisons référence ici sont un regroupement d'individus associés et unis en tant que classe révolutionnaire politiquement éveillée. Les travailleurs salariés en sont le noyau, mais il y a aussi les agriculteurs pauvres, les petits agriculteurs, les intellectuels marginalisés, les petits capitalistes et d'autres qui souffrent des lois du capitalisme et qui tentent de trouver une issue pour la réalisation d'une société communiste. Les communs englobent l'ensemble de ce qui précède.

En revanche, le peuple dont il est question ici est un regroupement d’individus associés et unis en une classe révolutionnaire politiquement éveillée. Les salariés sont au cœur de ce mouvement, mais il comprend également les paysans pauvres, les petits exploitants agricoles, les intellectuels marginalisés, les petits capitalistes et tous ceux qui souffrent des lois du capitalisme et qui cherchent à s'en affranchir pour parvenir à une société communiste. Les  communs englobent l'ensemble de ces personnes.

Et dans chaque pays, ces  communs constituent la majorité de la population. Par conséquent, la révolution communiste est menée au nom de la véritable majorité du peuple, y compris les minorités. En résumé, on peut la résumer par le concept de « révolution plébéienne, par les communs, pour les communs ».



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samedi 22 novembre 2025

Sur le Communisme:Page47

Anglais  Espéranto

Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

Pour que le communisme ne reste pas un rêve chimérique, il nous faut un nouveau mouvement révolutionnaire, avec une nouvelle terminologie et une nouvelle méthodologie qui rompe avec l'ancienne conception révolutionnaire de la révolution prolétarienne armée. À quoi pourrait-il ressembler ?



1. Les acteurs principaux de la révolution sont les gens ordinaires.

1.1. L'entreprise politique appelée « révolution »

Jusqu'au chapitre précédent, la réalité de la société communiste a été décrite de manière assez concrète, mais la question fondamentale de la réalisation concrète du communisme demeure. Si ce problème majeur n'est pas résolu, le communisme ne sera rien de plus qu'un rêve chimérique inaccessible.

Ainsi, je voudrais tout d'abord revenir sur les points abordés au chapitre 1. J'y ai soutenu que le capitalisme est puissant et incapable d'autodestruction, mais que ce système économique « moderne » révèle de sérieuses limites.

Par conséquent, si nous ne nous contentons pas de nous opposer au capitalisme, mais que nous y renonçons et aspirons véritablement à la réalisation d'une société communiste – pour ceux qui ne le souhaitent pas, ce chapitre et le suivant sont superflus –, nous devons rompre artificiellement avec le capitalisme par l'entreprise politique de la « révolution ». Qui mènera cette révolution ? Cette section s'attache à répondre à cette question.

1.2. Réponse marxiste type

Selon la théorie marxiste, considérée comme « orthodoxe », la classe ouvrière (le prolétariat) est le principal sujet de la révolution communiste. Cette réponse reste politiquement correcte. En effet, le capitalisme, quelles que soient ses transformations superficielles, ne peut, fondamentalement, apaiser l'antagonisme de classe entre la bourgeoisie et le prolétariat.

Aujourd'hui, la coopération entre employeurs et employés s'est enracinée dans les pays capitalistes développés. Cependant, il ne s'agit là que d'un vestige de la période faste où le capital total a accru la part du travail dans une ère de croissance fulgurante, permettant ainsi d'atteindre des salaires relativement élevés. Par conséquent, face à une crise économique telle que la Grande Récession mondiale, la dure réalité du salariat refait surface.

Le fait que ce soient les salariés qui souffrent le plus de la logique du capitalisme est une loi universelle de l'économie politique, quasiment partout dans le monde. En effet, ce sont les travailleurs salariés, c'est-à-dire les serfs salariés, qui ont la raison la plus convaincante de souhaiter la fin définitive du capitalisme, et la révolution prolétarienne visant à la réalisation d'une société communiste est le soulèvement des serfs salariés.

1.3. Une « révolution prolétarienne » difficile

Cependant, ce qui précède n'est qu'une théorie du sujet révolutionnaire fondée sur la théorie politico-économique. Du point de vue de la dynamique sociale, une « révolution prolétarienne » n'est plus possible. Pourquoi ? Avant tout, la classe ouvrière actuelle est si profondément divisée qu'elle ne peut être rassemblée par un intérêt de classe unique.

Cette division se manifeste d'abord par une polarisation au sein même des travailleurs entre la classe ouvrière ordinaire (cols bleus) et la classe ouvrière supérieure (cols blancs). Les premiers sont majoritairement des travailleurs non cadres du secteur opérationnel, tandis que les seconds sont des cadres aspirant à des postes de direction.

Bien qu'il s'agisse des mêmes travailleurs, leur position est différente. Les cadres supérieurs sont généralement diplômés et bien rémunérés. Bien que salariés, ils sont candidats à des postes de direction et sont imprégnés de la logique capitaliste. Ils constituent une élite, pleinement instruite et prédestinée au management. Ils peuvent se montrer supérieurs, voire hostiles, à la classe ouvrière ordinaire.

Cette division entre « bleus » et « blancs » remonte à l'époque du développement du système des sociétés par actions. Toutefois, ces dernières années, une dichotomie entre classes relativement stables et instables est devenue perceptible, même au sein de la classe ouvrière. La classe stable adhère à un syndicat et parvient à maintenir sa solidarité, tandis que la classe instable se compose de nombreux travailleurs précaires, non organisés et fragmentés, dont les intérêts sont souvent conflictuels.

Par ailleurs, de nos jours, les pouvoirs publics, tels que l'État et les collectivités territoriales, emploient également de nombreux salariés. Ces fonctionnaires, chargés de superviser les activités du capital privé, bénéficient de niveaux d'éducation et de salaires relativement élevés. Les salariés sont eux aussi répartis entre les secteurs public et privé. Cependant, même au sein du secteur public, la différence de classe entre les employés et les cadres est plus marquée que dans le secteur privé.

Outre cette division au sein des travailleurs en activité, le fossé générationnel entre les travailleurs en activité et les retraités se creuse avec le développement du système de retraite. Si les revenus des retraités sont garantis par les cotisations versées par les travailleurs en activité, dont les prestations de retraite futures risquent de diminuer, un conflit intergénérationnel évident apparaîtra.

Les divisions intra-classes décrites ci-dessus ont également permis de relativiser dans une large mesure les différences de classe entre la bourgeoisie et le prolétariat. Bon nombre des dirigeants d'entreprise qui représentent la bourgeoisie d'aujourd'hui sont promus et sélectionnés parmi la classe ouvrière supérieure (dans certains cas, la classe ouvrière ordinaire). De cette manière, le prolétariat et la bourgeoisie sont reliés par un escalier - qui n'est en aucun cas facile à gravir. En outre, les travailleurs retraités qui investissent une partie de leurs économies peuvent être considérés comme faisant partie de la bourgeoisie en tant que classe de petits investisseurs.

De cette manière, le schéma conflictuel « bourgeoisie contre prolétariat » s'est en fait considérablement atténué sans pour autant être supprimé dans son essence.

De plus, l'assimilation au capitalisme progresse de manière remarquable, même dans la conscience de la classe ouvrière elle-même. Marx a écrit dans le premier volume du Capital : « À mesure que la production capitaliste progresse, apparaîtra une classe ouvrière qui acceptera les exigences de ce mode de production comme des lois naturelles évidentes, grâce à l'éducation, à la tradition et aux coutumes. »

De cette manière, le schéma conflictuel « bourgeoisie contre prolétariat » s'est en fait considérablement atténué sans pour autant être supprimé dans son essence.



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lundi 10 novembre 2025

Sur le Communisme:Page46

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Chapitre 7 : ESQUISSE DE LA SOCIÉTÉ COMMUNISTE – CULTURE

6. La science et la technologie deviendront une propriété intellectuelle commune.

6.1. Libération des droits de propriété intellectuelle

Le capitalisme a étendu la notion de propriété au domaine du savoir immatériel, créant le dogme des droits de propriété intellectuelle et garantissant d'énormes profits à leurs détenteurs. De ce fait, la propriété intellectuelle – y compris les médicaments à usage universel – a été accaparée par le capital, limitant ainsi son utilisation.

À l'inverse, dans une société communiste, la notion de droits de propriété intellectuelle est abolie, et le principe fondamental est que la propriété intellectuelle doit appartenir à toute l'humanité et être partagée, conformément au Traité sur la propriété intellectuelle commune. Toutefois, cela ne signifie pas que les efforts et l'honneur des inventeurs et des développeurs de technologies soient vains au nom du partage.

Les noms des inventeurs et des développeurs, ainsi que les noms de leurs technologies, sont inscrits de manière permanente et modifiable dans un registre. De plus, les modalités d'utilisation de la propriété intellectuelle commune sont définies avec soin, dans le respect des intentions des inventeurs et des développeurs.

Par ailleurs, concernant l'utilisation de cette propriété intellectuelle partagée, les inventeurs et les développeurs auront le droit de formuler des objections, et un conseil neutre sera mis en place pour examiner la pertinence et la légalité des méthodes d'utilisation. La suppression des droits de propriété intellectuelle ne signifie pas que le vol ou l'utilisation abusive des nouvelles technologies seront tolérés.


6.2. Développement de technologies respectueuses de l'environnement

Sous le capitalisme, la science et la technologie se sont développées comme un moyen pour l'humanité de façonner et de modifier la nature afin de répondre aux besoins de l'activité capitaliste. Le critère principal a donc été la possibilité de générer des profits continus, même au détriment de la durabilité environnementale.

Cependant, dans une société communiste intégrant la durabilité environnementale, toutes les avancées scientifiques et technologiques seront soumises à des évaluations d'impact environnemental. Parallèlement, les technologies environnementales visant elles-mêmes la durabilité environnementale, développées dans les sociétés capitalistes mais encore peu répandues, deviendront des technologies clés dans les sociétés communistes. Une économie planifiée, prenant en compte la durabilité environnementale, s'appuiera également sur ces technologies.


6.3. Développement technologique au service des personnes socialement défavorisées

Puisqu'une société communiste repose sur les principes de coopération sociale et d'entraide, il est évident que la prise en compte des personnes socialement défavorisées y sera bien plus importante que dans une société capitaliste, où la responsabilité individuelle et l'autonomie sont idéologiquement imposées. Cela inclurait, par exemple, des mesures de soutien aux personnes handicapées, aux enfants et aux personnes âgées.

De plus, cette prise en compte ne se limiterait pas aux mentalités et aux systèmes sociaux, mais concernerait également le soutien matériel en matière de technologie, permettant ainsi le développement et le progrès de technologies universellement accessibles, indépendamment du handicap.


6.4. Gestion conjointe des technologies à la frontière de l'éthique

Les technologies à la frontière de l'éthique désignent des avancées scientifiques et technologiques sensibles, telles que la manipulation génétique et l'intelligence artificielle générative, susceptibles de susciter de vifs débats en matière de bioéthique et d'éthique de l'information. Dans les sociétés capitalistes, ces technologies tendent à contourner les réglementations éthiques dès lors qu'elles sont perçues comme des outils utiles aux entreprises capitalistes en quête de profits.

En revanche, dans les sociétés communistes, même si l'utilité des technologies à la frontière de l'éthique est reconnue, les jugements éthiques relatifs à leur applicabilité priment. Concrètement, un Comité d'examen de l'éthique des sciences et des technologies, neutre et indépendant, serait créé au sein de l'Organisation mondiale pour la science, l'éducation et la culture, successeur de l'UNESCO, afin d'évaluer officiellement et normativement l'éthique des sciences et des technologies en général.

De telles réglementations éthiques sont nécessaires même en régime capitaliste, où des technologies à la frontière de l'éthique se sont déjà développées, mais leur mise en œuvre effective s'avère difficile. La réglementation de ces technologies ne sera efficace que dans un système abolissant la notion de droits de propriété intellectuelle et gérant conjointement les sciences et les technologies comme patrimoine commun de l'humanité.



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jeudi 16 octobre 2025

Sur le Communisme:Page45

Anglais  Espéranto

Chapitre 7 : ESQUISSE DE LA SOCIÉTÉ COMMUNISTE – CULTURE

5. Internet deviendra beaucoup plus sûr et fiable.

5.1. Déconstruction d'Internet

La popularisation et la commercialisation généralisées d'Internet, qui ont débuté au milieu des années 1990 comme si l'on attendait la dissolution de l'Union soviétique, ont provoqué des changements sociaux si profonds dans le monde qu'il ne serait pas exagéré de parler de nouvelle révolution industrielle.

Cependant, si l'on examine l'histoire de l'Internet capitaliste et que l'on évalue ses avantages et ses inconvénients, il est juste de conclure que les inconvénients l'emportent sur les avantages Actuellement, Internet demeure dans un état d'anarchie, sans surveillance officielle ni arbitre neutre, offrant davantage d'avantages aux utilisateurs malveillants qu'aux utilisateurs bien intentionnés.

L'état actuel d'anarchisme sur Internet est trop dangereux pour être célébré sous couvert de « liberté d'information ». Parallèlement, la censure d'Internet imposée par les gouvernements, mise en œuvre par certains pays sous prétexte de garantir la sécurité d'Internet et d'éliminer les fausses informations, est un système néfaste qui entrave la liberté d'information et, in fine, la liberté d'expression.

À cet égard, l’infrastructure sociale de l’Internet sera héritée dans la société communiste à venir, mais plutôt que d'être divisée en deux extrêmes : l'anarchie et l'oppression, une déconstruction audacieuse d'Internet sera menée sous l'angle de la « liberté et du contrôle de l'information ».

En conséquence, l’Internet communiste sera plus sûr et plus fiable qu’il ne l’est aujourd’hui, et remplira pleinement sa véritable valeur en tant que système de réseau d’information qui relie les gens à distance, contribuant à la coopération sociale, qui est le but même du communisme. 


5.2. Création d'une Organisation mondiale de l'Internet

L'Organisation mondiale de l'Internet serait un organisme mondial de régulation de l'Internet, fondé sur la politique de « liberté et de contrôle » mentionnée précédemment, et serait établie en tant qu'agence spécialisée du Commonwealth mondial. Sa structure pourrait être similaire à celle de l'actuelle fédération des fournisseurs d'accès à Internet et ne viserait pas nécessairement à centraliser les fournisseurs d'accès à Internet à l'échelle mondiale.

Cependant, dans une société communiste où l'économie monétaire est en voie d'abolition et où les services de télécommunications sont généralement restructurés en services publics gratuits, il est fort probable que les fournisseurs d'accès à Internet soient regroupés et transformés en sociétés de production dans chaque zone.

L'Organisation mondiale de l'Internet serait également dotée d'une organisation de renseignement Internet composée d'un grand nombre de pirates informatiques d'intérêt public, chargés de surveiller et de démasquer les groupes de pirates informatiques malveillants utilisant Internet à des fins abusives. Elle serait également dotée de fonctions de sécurité assurant un système permanent de surveillance et de prévention du réseau mondial, utilisant des techniques de piratage autorisées par un mandat judiciaire préalable.


5.3. Ombudsman de l'Internet

Afin de lutter efficacement et rapidement contre les atteintes aux droits en ligne et les dommages causés par les fausses informations, qui font partie intégrante du monde d'Internet depuis longtemps, une puissante organisation de protection civile, équivalente à la Tribune, est nécessaire.

Cependant, pour garantir la liberté d'information, un système de médiation semi-privé doté de fonctions quasi judiciaires serait plus adapté qu'une institution judiciaire comme la Tribune. Il serait souhaitable de ne transférer les dossiers à la Tribune que lorsque le contenu de l'affaire est jugé approprié pour son traitement.

Des médiateurs Internet devraient être nommés dans chaque zone, avec pouvoir de proposer des recours juridiques en cas d'infractions en ligne, d'émettre des avertissements appropriés et de prévenir la diffusion de fausses informations ayant un impact social particulièrement important.

Dans le cadre de ce médiateur Internet, un organisme spécialisé de surveillance d'Internet, chargé de vérifier les infractions et la véracité des informations, devrait être créé, permettant un suivi constant et des enquêtes du médiateur.


5.4. Système de diffusion d'informations qualifiées

Le Système de diffusion d'informations qualifiées est un système mondial de certification volontaire qui certifie officiellement les personnes ayant suivi une formation professionnelle pour diffuser des informations en ligne de manière précise et appropriée. Cette formation et cette certification constituent également une responsabilité importante de l'Organisation mondiale de l'Internet.

Ce système trouve également son origine dans la politique communiste de « liberté et contrôle de l'information ». Bien qu'il n'interdise pas formellement la diffusion d'informations sans qualification, les personnes qualifiées sont tenues d'afficher leurs qualifications et leur numéro de certification, qu'elles soient identifiées par leur nom ou anonymement, lorsqu'elles diffusent des informations à des personnes non identifiées. Les destinataires des informations pourront vérifier et rechercher le numéro de certification.

Cela augmentera la crédibilité des informations diffusées par des personnes qualifiées et permettra aux destinataires de l’information d’utiliser l’expéditeur qualifié ou non qualifié comme un critère puissant pour déterminer l’authenticité de l’information.

Par ailleurs, un système officiel de qualification de la presse, comprenant formation et examen, sera mis en place pour les journalistes, qui ne sont actuellement soumis à aucune qualification officielle, sauf en Italie. Dans ce système, une distinction sera faite entre les qualifications de journaliste professionnel et les qualifications de journaliste citoyen non professionnel, et lorsque chaque journaliste qualifié publiera des informations en ligne, il sera tenu d'afficher son vrai nom et ses qualifications de journaliste à l'aide d'un numéro de certification.



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Sur le Communisme:Page51

Anglais    Espéranto Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE 3. Faites-le différemment du Parti communiste. 3.4. Alliance flexible...