mercredi 24 juin 2026

Sur le Communisme:Page57

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Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

4. Faites avancer le processus de transition.

4.1. Préparation de la phase de transition

La mission principale de la Commission de transition révolutionnaire (Commission de transition) est d'accélérer le processus de transition vers l'avènement d'une société communiste. Durant cette période, les troubles politiques et économiques qui accompagnent souvent les révolutions sont à prévoir. La capacité à raccourcir cette période déterminera le succès ou l'échec de la révolution.

À titre indicatif, il est souhaitable de mener à bien la période de transition en trois à cinq ans. Pour ce faire, il est nécessaire d'en discuter au préalable au sein de la Convention des Communes et d'élaborer des plans et des préparatifs minutieux.

Les principales étapes de la transition sont énumérées ci-dessous. Cependant, le plan de transition économique constituera la partie la plus importante et la plus complexe de cette période ; je l'aborderai donc plus en détail dans le prochain article.


4.2. Élaboration de la Charte initiale (constitution)

Comme indiqué au chapitre précédent, la Commission de transition doit s'efforcer d'établir un système constitutionnel dans les plus brefs délais. Toutefois, compte tenu de la difficulté d'établir rapidement un tel système face à une révolution d'une telle ampleur, il convient d'examiner le processus séparément.

Lorsque nous parlons de « constitution » ici, il est important de préciser qu'il ne s'agit pas de la constitution telle que nous la connaissons aujourd'hui. La constitution, telle que nous la connaissons, présente les caractéristiques d'une loi fondamentale de l'État, déterminant sa structure. En revanche, dans une société communiste, comme cela a été maintes fois affirmé, l'État est aboli ; la constitution ne peut donc constituer la loi fondamentale de l'« État ».

La constitution devient alors l'ensemble des règles qui déterminent le fonctionnement de la société par le peuple, et ces règles sont exprimées sous la forme de la « Charte de la Convention des Communes » (ci-après dénommée simplement la « Charte »).

L'adoption de cette Charte comporte deux étapes. La première est la « Charte initiale », qui correspond à la toute première société communiste – une société communiste naissante, pour ainsi dire. La seconde est la « Charte complète », qui correspond à la société communiste mature qui a succédé à ce premier communisme.

Immédiatement après la révolution, la Convention des Communes se chargera sans doute de créer« Comité de rédaction de la Charte » chargé d'élaborer la première Charte initiale. Ce comité, en collaboration avec la Convention mondiale des Communes, qui est également le siège des Conventions des Communes du monde, utilisera la Charte déjà en vigueur de la Convention mondiale des Communes comme source de droit et mènera à bien le processus de transition afin de formuler un projet de Charte approprié.

De plus, dans le cadre du système des Conventions des Communes, les Conventions locales des Communes de chaque zone peuvent également adopter leurs propres Chartes, dans le respect de la Charte zonale. Ainsi, les Conventions locales des Communes, à tous les niveaux, peuvent procéder à l'élaboration de leurs Chartes.


4.3. Mise en place d'un régime politique républicain

Parmi les questions constitutionnelles, le choix du régime politique revêt une importance particulière. Le système politique communiste est, par essence, républicain ; or, le système de la « Convention des Communes » implique une transition vers une « régime politique républicain des Communes » où le peuple gouverne directement par le biais de ces conventions, plutôt que de déléguer l'administration à un président ou à un autre haut responsable.

Une telle régime politique républicain des Communes est incompatible avec une monarchie ou tout autre régime de nature héréditaire. Cette question touche à l'existence et à l'abolition des monarchies ayant perdu leur autorité politique pour ne conserver qu'une fonction symbolique (monarchies symboliques), à l'instar du système impérial japonais.

En conclusion, la monarchie symbolique sera inévitablement abolie après la révolution communiste. Toutefois, la signification de cette « abolition » mérite une analyse approfondie.

En d'autres termes, c'est la monarchie en tant que système politique qui est ici « abolie ». Il convient de distinguer cette mesure de la question de savoir si la famille royale elle-même doit être supprimée.

Certes, une république poussée jusqu'au bout exigerait l'abolition de la famille royale elle-même. Historiquement, lorsque la monarchie était renversée par un soulèvement populaire, la famille royale était entièrement démantelée, ce qui conduisait parfois à l'exécution du monarque (comme lors des révolutions française et russe).

Cependant, ces événements trouvaient leur origine dans la haine du peuple envers les monarchies autocratiques ; or, les monarchies symboliques, ayant perdu depuis longtemps toute autorité politique, ne suscitent généralement pas une telle haine populaire. Le démantèlement de la famille royale dans le cadre d'une monarchie symbolique — et plus encore l'exécution du monarque — ne ferait qu'éveiller la sympathie de la population et risquerait de provoquer un soulèvement contre-révolutionnaire parmi les royalistes.

Par conséquent, s'agissant de l'abolition de la monarchie symbolique, il serait plus sage d'adopter une approche partielle — abolissant la monarchie tout en maintenant la famille royale — plutôt que de chercher à abolir également la famille royale.

Toutefois, le maintien de la famille royale signifie simplement que ses membres conservent un titre honorifique, sans aucun privilège associé. Ainsi, non seulement les services administratifs internes, tels que les Maisons royales, seraient supprimés, mais les membres de la famille royale seraient encouragés à devenir des citoyens ordinaires.


4.4. Défense révolutionnaire

La période de transition étant également propice à l'émergence de mouvements contre-révolutionnaires sous diverses formes, l'organisation de la défense du système révolutionnaire — érigée en mission propre de la Commission de transition — devient un axe politique majeur de cette période. S'agissant de cette défense de la révolution, on peut distinguer les mesures intérieures des mesures extérieures.

(a) Mesures intérieures

Au cours de l'histoire, les mesures intérieures de défense révolutionnaire ont souvent été synonymes de violations des droits humains, suscitant la peur à l'égard de la révolution. Il convient notamment d'éviter la création d'une police politique secrète dont la vocation directe serait de défendre la révolution, car une telle structure favorise les violations des droits humains.

Par conséquent, plutôt que de s'en remettre à une police politique pour assurer la défense révolutionnaire, il convient de mettre en place une organisation de défense révolutionnaire ancrée à la base. Cette organisation aura pour objectif de sensibiliser activement la société à la portée de la révolution et d'associer la population à l'œuvre révolutionnaire. Il s'agit de la « Liaison pour la défense de la révolution » (LDR).

En d'autres termes, l'action ne se limite pas à une défense passive — telle que la collecte d'informations et la surveillance des mouvements de groupes ou d'individus soupçonnés d'activités contre-révolutionnaires ; elle implique également de diffuser activement des informations sur les politiques révolutionnaires au niveau local et de tisser des liens avec les « Conventions des Communes ». Il s'agit, en somme, d'une organisation globale de défense révolutionnaire qui œuvre aussi à sensibiliser le grand public aux idéaux de la révolution.

À cette fin, la LDR s'appuie sur des membres (médiateurs) chargés de diffuser les informations sur les politiques révolutionnaires et de nouer des relations locales, sur du personnel (chargés de communication) responsable de sensibiliser le public via Internet et d'autres canaux d'information, ainsi que sur des agents chargés de recueillir des renseignements et de surveiller les activités contre-révolutionnaires. (*)

Une telle défense révolutionnaire, portée par une organisation civile inclusive, permet également d'éviter les mesures coercitives brutales — telles que les purges de masse — qui ont caractérisé les révolutions historiques passées. Comme nous le verrons plus loin, l'ancienne structure gouvernementale subsistant durant la période de transition, il convient de maintenir en poste les fonctionnaires ordinaires ; il suffit de révoquer individuellement les agents qui se livrent manifestement à des actes de sabotage contre-révolutionnaire.

Toutefois, dans les pays où l'armée exerce une forte influence politique, une certaine vigilance s'impose face au risque de coup d'État militaire contre-révolutionnaire. À cette fin, il est nécessaire d'affecter un officier chevronné, acquis aux idéaux de la révolution, auprès de l'adjoint du Commissaire à la transition chargé des questions de paix — lequel exerce le contrôle sur l'armée — et de s'efforcer d'intégrer les officiers de rang intermédiaire et subalterne au système révolutionnaire.

*Les membres de la LDR devant être profondément convaincus de la nécessité de défendre la révolution, ils sont recrutés par voie de sélection parmi des candidats appropriés plutôt que par un recrutement ouvert.

(b) Mesures diplomatiques

Historiquement, de nombreuses révolutions ont suscité l'ingérence de pays étrangers craignant leur propagation, ce qui conduit souvent à la guerre. Il est donc essentiel de prendre des mesures diplomatiques pour défendre la révolution.

À cet égard, l'organisation transnationale des « Conventions des Communes » revêt une importance capitale. La révolution communiste sera, en fin de compte, la première d'une série de révolutions (des « révolutions en dominos ») se propageant à travers le monde pour vaincre l'ingérence des forces étrangères contre-révolutionnaires et parvenir à son achèvement. Ces révolutions en dominos — que j'aborderai à nouveau dans le chapitre suivant — ne constituent pas une simple « exportation de la révolution », mais une vague révolutionnaire mondiale.

En ce sens, l'essence de la défense révolutionnaire sur le plan diplomatique réside dans la solidarité transnationale des Conventions des Communes — ce qui diffère de la diplomatie technique en tant que telle — et, plus précisément, dans l'existence de la Convention mondiale des Communes. C'est pourquoi les révolutions ne sauraient être unilatérales : il est nécessaire de promouvoir la création du Commonwealth mondial dès le départ.


4.5. Plan de transition économique

Le passage d'une économie capitaliste — ou de tout autre système d'économie de marché — à une économie planifiée communiste constitue l'événement le plus important et le plus ardu de la période de transition ; il doit lui-même être guidé par une « planification » minutieuse. Comme annoncé au début, j'aborderai cette question ultérieurement.


4.6. Administration de transition

Bien que l'État soit aboli dans une société communiste, les anciennes structures gouvernementales subsistent tant au niveau central que local durant la période de transition.

Durant cette phase, la Commission de transition révolutionnaire sera chargée de chaque domaine administratif au sein du gouvernement central ; parallèlement, les principaux ministères continueront d'assurer leurs fonctions administratives tout en préparant leur parallèlement, les principaux ministères continueront d'assurer leurs fonctions administratives tout en préparant leur transformation organisationnelle pour devenir un groupe de réflexion sur les politiques publiques.

Concernant l'administration locale, et conformément à une ordonnance spéciale émise par la Commission de transition, les responsables et conseillers encore en poste au sein de toutes les collectivités locales seront d'abord démis de leurs fonctions simultanément. Par ailleurs, les anciennes collectivités locales de grande envergure, telles que les préfectures, passeront sous le contrôle de la Convention provisoire des Communes préfectorale ; cette dernière œuvrera à leur intégration à la région provinciale en y dépêchant des « commissaires administratifs provisoires » (équivalents aux gouverneurs) et des « commissaires administratifs provisoires adjoints » (équivalents aux vice-gouverneurs).

En ce qui concerne les municipalités, la Convention provisoire des Communes municipale prendra immédiatement en main l'administration locale ; à titre provisoire, le président de cette Convention assumera également la fonction de maire et pilotera la réorganisation en communes communistes et en régions.


4.7. Promotion du plan de suppression de l'armée

La gestion de l'armée (y compris les organisations armées équivalentes) constitue un point crucial pour l'administration de transition. Dans une société communiste, l'armée permanente finira par être supprimée ; toutefois, une telle mesure ne peut s'opérer que sur la base du droit international (traités). Il est donc nécessaire, dans l'intervalle, de maintenir l'armée tout en l'intégrant au système révolutionnaire. Néanmoins, durant la période de transition, il convient de faire avancer les plans de désarmement total — et non de simple réduction des armements — dans la perspective de la suppression future des armées permanentes.

Les modalités et l'ampleur de ce processus seront définies de manière stratégique, en tenant compte de la situation intérieure et internationale, notamment des risques d'ingérence armée de la part de pays contre-révolutionnaires et de coups d'État contre-révolutionnaires émanant de l'armée elle-même. À cet égard, il est primordial que le commissaire à la transition chargé des questions de paix — et responsable de la suppression de l'armée — prenne la direction de cette initiative.

Par ailleurs, bon nombre des compétences acquises par l'armée peuvent être mises à profit pour des opérations de sauvetage spécialisées lors de catastrophes de grande ampleur ; il est donc avantageux de procéder à une réorganisation partielle en équipes de sauvetage de pointe couvrant l'ensemble du territoire ou de vastes zones géographiques.


4.8. Système de justice transitionnelle

Au cours de la période de transition, on entreprendra également la mise en place d'un nouveau système judiciaire qui ne repose pas sur les structures policières et judiciaires actuelles, comme l'expose le chapitre 4.

Toutefois, le pouvoir judiciaire jouant un rôle dans le maintien de l'ordre et constituant un élément clé de la défense de la révolution, il convient d'agir avec prudence en adoptant des mesures transitoires et d'urgence appropriées afin d'éviter toute confusion. Par conséquent, la mise en œuvre du nouveau système judiciaire devra s'échelonner sur une période suffisante pour coïncider avec l'application de la Charte initiale.


4.9. Mise en œuvre l'examen de licence de délégué

Les Conventions des Communes à chaque échelon demeurent provisoires durant la période de transition ; des Conventions des Communes formelles, composées de délégués titulaires d'une licence, seront convoquées rapidement après la promulgation et l'entrée en vigueur de la Charte initiale. À cette fin, il est nécessaire d'instituer un examen pour l'obtention de la licence de délégué dès le début de la période de transition et d'organiser la première session d'examen avant l'achèvement du projet de Charte initiale.


4.10. Convocation de la Convention constituante des Communes

Une fois le projet initial de Charte achevé, la Convention constituante des Communes sera mise en place et convoquée. Les délégués à la Convention constituante des Communes sont choisis parmi les titulaires de licence ayant réussi l’examen unifié d’agrément des représentants, tout comme pour la Convention officielle des Communes. La convocation de la Convention constituante des Communes entraîne la dissolution de l’Assemblée générale précédente de la Convention des Communes.


4.11. Adoption et entrée en vigueur de la Charte initiale

Une fois le processus de la phase de transition susmentionnée en voie d'achèvement, nous entamerons la procédure finale d'établissement d'une Charte initiale. Bien que diverses méthodes puissent être envisagées, la méthode suivante est considérée comme la plus complète et la plus efficace.

Après que le projet de Charte, élaboré par le Comité de rédaction susmentionné, a été soumis à la Convention constituante des Communes constituante et adopté à la majorité, il doit également être approuvé à la majorité par au moins les deux tiers des Conventions des Communs provisoires à chaque niveau local.

Comme son nom l'indique, la Charte initiale revêt un caractère préliminaire et essentiellement provisoire ; par conséquent, un vote direct de la population n'est pas nécessairement requis à ce stade. Ainsi, la période de transition s'achèvera avec la promulgation et l'entrée en vigueur de la Charte initiale.



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dimanche 31 mai 2026

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Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

3. Établir un système révolutionnaire.

3.1. Levée du contre-pouvoir

Après l'établissement du contre-pouvoir entre la Convention des Communes révolutionnaire et le gouvernement en place, la période jusqu'à la levée de ce contre-pouvoir et l'instauration d'un système révolutionnaire à part entière constitue l'apogée du processus révolutionnaire.

Puisqu'une révolution fondée sur le non-vote collectif est par essence une révolution non armée, nous devons d'abord parvenir à une transition pacifique du pouvoir par la négociation avec les vestiges de l'ancien régime. Organiser des manifestations de rue serait efficace pour faire pression sur l'ancien régime ; en effet, sans une telle expression de la volonté populaire, l'ancien régime pourrait refuser la Convention des Communes comme partenaire de négociation.

À ce stade, l'ancien régime pourrait tenter de mobiliser la police et l'armée pour réprimer le processus révolutionnaire. Si cela se produit, une situation similaire à une révolution par soulèvement populaire pourrait survenir. Je ne souhaite pas que cela se produise, mais si une telle situation devait se produire, il serait imprudent de s'aliéner la police ou l'armée. En effet, tant qu'il s'agit d'une révolution non armée, aucun pouvoir ne peut s'opposer directement à la force écrasante des forces de police et de l'armée.

Par conséquent, même si l'ancien régime refuse catégoriquement de céder le pouvoir, il ne faut pas recourir à la prise de pouvoir par la force. Au contraire, afin d'empêcher l'ancien régime de mobiliser efficacement les forces de police et de l'armée, il est souhaitable d'infiltrer les rangs intermédiaires de la police et de l'armée pendant le mouvement révolutionnaire, et de travailler ensemble à l'établissement d'un système révolutionnaire dans la phase finale de la révolution.

Par ailleurs, en cas de révolution résultant de la dissolution volontaire du Parti communiste, il serait possible d'éviter toutes les étapes complexes décrites ci-dessus. En revanche, si le Parti communiste s'oppose fermement à cette dissolution, il sera nécessaire de suivre la procédure décrite précédemment.


3.2. Système transitoire de pouvoir concentré

Lorsque le système révolutionnaire sera établi avec succès, la structure de la Convention des Communes se concrétisera. Dans un premier temps, l'Assemblée générale de la Convention des Communes (ci-après dénommée « Assemblée générale ») sera convoquée en tant qu'organe représentatif provisoire. Il s'agira également d'un organe administratif provisoire, en attendant la mise en place prochaine des Conventions des Communes zonales.

Afin de garantir la rapidité de ses décisions, l'Assemblée générale sera initialement composée d'un nombre restreint de délégués, soit 200 au maximum. Ces délégués seront élus par tirage au sort parmi les membres pré-révolutionnaires de la Convention des Communes, les juristes et autres personnes possédant les qualifications professionnelles requises. Leur mandat sera d'un an (rééligible).

Après l'adoption par l'Assemblée générale de la « Déclaration révolutionnaire » et l'abrogation de la constitution en vigueur, celle-ci élira la « Commission de transition révolutionnaire » (ci-après dénommée « Commission de transition »). Bien que la Commission de transition soit véritablement un organe central révolutionnaire temporaire, son fonctionnement est similaire à celui du gouvernement actuel. Cependant, afin d'éviter toute forme de la politique du chef, la Commission de transition ne disposera pas de poste supérieur, tel qu'un président, et fonctionnera exclusivement selon un système collégial.

Les membres constituant la Commission de transition (ci-après dénommés « Commissaires de transition ») sont nommés par l'Assemblée générale, parmi les délégués, pour chaque domaine de compétence. Leurs domaines de responsabilité ne correspondent pas nécessairement aux ministères et agences de l'ancien gouvernement ; ils ne sont pas affectés de façon permanente aux ministères et agences. Dans un premier temps, chaque ministère et agence restante disposera de plusieurs « adjoints des Commissaires de transition » chargés des affaires pratiques sous l'autorité des Commissaires de transition.

La Commission de transition exercera la plénitude des pouvoirs sur la base de la « Déclaration révolutionnaire » de l'Assemblée générale et gouvernera par des ordonnances spéciales ayant force de loi. Ce système peut être qualifié de « système transitoire de pouvoir concentré ».

En résumé, il s'agit d'une suspension temporaire de la démocratie. Mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Dans la plupart des révolutions, une période de transition de ce type est inévitable.

Par ailleurs, une Convention des Communes provisoire, aux caractéristiques similaires, sera mise en place dans chaque région locale, et un système de concentration transitoire sera formé en coordination avec l'Assemblée générale de la Convention des Communes. Le président de la Convention des Communes provisoire locale pilotera la transition en tant que chef local de facto.


3.3. Différence avec la « dictature du prolétariat »

Dans la théorie révolutionnaire marxiste, l'expression « dictature du prolétariat » désignait traditionnellement le système politique en vigueur durant la période de transition entre la révolution prolétarienne et l'instauration d'une société communiste, mais sa signification restait ambiguë. Elle a été remplacée par une « dictature du Parti communiste ».

Notre système transitoire de concentration du pouvoir pourrait être perçu comme une réinterprétation de ce concept, mais il n'en est rien. Il s'agit plutôt d'un système d'administration temporaire, strictement limité à la période de transition. Par conséquent, il ne peut y avoir, et ne doit pas y avoir, d'exercice arbitraire du pouvoir, comme le sous-entend le terme « dictature ».

Cependant, avec l'abolition de la constitution actuelle, le gouvernement constitutionnel sera temporairement suspendu et l'organe représentatif national ne subsistera que sous la forme d'une Assemblée générale provisoire de la Convention des Communes. L'administration fondée sur la loi sera donc également suspendue. Toutefois, les ordonnances spéciales de la Commission de transition doivent être approuvées par l'Assemblée générale, à l'exception des ordonnances urgentes (ordonnances d'urgence), afin d'éviter tout abus de pouvoir.

En tout état de cause, un tel système transitoire ne peut être que temporaire et limité dans le temps. Il va sans dire qu'il est nécessaire de promouvoir au plus vite la transition vers un système constitutionnel afin d'éviter toute prolongation injustifiée.



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lundi 11 mai 2026

Sur le Communisme:Page55

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Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

2. Mettre en place des contre-pouvoirs.

2.5. Révolution communiste contre le Parti communiste

Dans cet article, nous préconisons une révolution communiste directe menée par le peuple, sans passer par le Parti communiste. Toutefois, cet argument repose principalement sur le cas des pays où le Parti communiste n'est pas au pouvoir. Or, dans le monde post-soviétique, la plupart des pays n'ont pas de parti communiste au pouvoir ; cet argument reste donc valable pour la plupart d'entre eux.

Cependant, à l'heure où nous écrivons ces lignes, certains pays sont encore gouvernés par un parti communiste unique. Dès lors, si l'on suppose que le système contrôlé par le Parti communiste se maintient, quelle forme pourrait avoir cette « révolution communiste directe du peuple, et non du Parti communiste » dans ces pays ?

En résumé, il s'agit d'une « révolution communiste contre le Parti communiste ». Cette idée peut paraître paradoxale, mais en réalité, malgré son nom, le Parti communiste des pays qu'il contrôle actuellement, y compris la Chine, a abandonné le communisme et a largement intégré les principes de l'économie de marché, s'orientant de fait vers le capitalisme.

Autrement dit, il s'agit d'un « capitalisme dirigé par le Parti communiste ». Tant qu'il persistera dans cette voie tortueuse, on pourra dire que le Parti communiste établi s'est éloigné du communisme, et dans cette mesure, la « révolution communiste contre le Parti communiste » n'est plus un paradoxe.


2.6. Dissolution volontaire du Parti communiste ?

Cependant, tant que le Parti communiste demeure un Parti communiste, la possibilité de revenir à la voie communiste originelle et de construire une société communiste dirigée par le Parti communiste n'est pas exclue. Il s'agit ici de rappeler le processus de révolution communiste que Marx (et Engels) ont exposé dans le Manifeste du Parti communiste. Je le cite ci-dessous.

Si le prolétariat s'unit inévitablement en classe dans sa lutte contre la bourgeoisie, il devient la classe dirigeante par la révolution, et comme la classe dirigeante supprime puissamment les anciens rapports de production, alors ces rapports de production seront abolis. Avec l'abolition, le prolétariat abolit la condition d'antagonisme de classe, l'existence même des classes, et donc sa propre domination en tant que classe.

La « domination de classe » dont il est question ici ne doit pas être confondue avec la « domination du Parti communiste ». Toutefois, même en l'entendant ainsi, selon Marx, le Parti communiste est censé se dissoudre volontairement une fois qu'il aura aboli les anciens rapports de production, c'est-à-dire les rapports de production capitalistes.

Or, le Parti communiste établi n'a pas suivi cette voie. Au contraire, il s'est adapté aux anciens rapports de production (les rapports de production capitalistes) et se trouve aujourd'hui à l'avant-garde de la fusion avec le capitalisme. Dès lors, il n'y a aucun espoir de dissolution volontaire du Parti communiste.


2.7. Une révolution qui n'est pas anticommuniste

Il convient de noter ici qu'une « révolution communiste contre le Parti communiste » n'est pas la même chose qu'une « révolution contre le Parti communiste  ». Dans le processus qui a mené des soi-disant révolutions d'Europe de l'Est à la dissolution de l'Union soviétique à la fin du XXe siècle, des soulèvements populaires contre le système contrôlé par le Parti communiste, représenté par l'Union soviétique, ont eu lieu successivement dans les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique, à des degrés et sous des formes variables, conduisant à l'effondrement du système.

Cette révolution, fondée sur la répression politique du Parti communiste de l'Union soviétique et sur l'échec du système collectiviste, a pris les caractéristiques d'une « révolution contre le Parti communiste ». Les pays d'Europe de l'Est et de l'ex-Union soviétique ont tous emprunté la voie de l'économie de marché et du capitalisme, qui perdure encore aujourd'hui. Finalement, les révolutions d'Europe de l'Est ont convergé vers des révolutions réactionnaires qui ont remis le cours de l'histoire sur les rails, et non vers des révolutions progressistes visant à créer une société véritablement communiste.

La « révolution communiste contre le Parti communiste » n'est pas une révolution réactionnaire, mais une révolution progressiste. Elle ne se contente donc pas d'attaquer et de démanteler le système communiste établi.


2.8. La Convention des communes comme véritable Soviet

La « révolution communiste contre le Parti communiste » utilise également une Convention des Communes comme base pour créer une situation de contre-pouvoir. Cependant, sa relation avec le Parti communiste au pouvoir n'est pas une simple hostilité, mais une relation de coexistence, voire d'immanence. Autrement dit, elle se développe de manière parasitaire au sein du Parti communiste.

En réalité, même au moment de la Révolution russe, le peuple formait des soviets (conseils) pour s'opposer au parlement établi de la Russie impériale. Mais à mesure que la révolution progressait, ces soviets populaires furent repris par les bolcheviks, puis par le Parti communiste, et remplacés comme organe de ratification du parti. Le terme « soviétique » dans le nom du pays, l’Union soviétique, n’était finalement qu’une façade.

Afin d’éviter que cette histoire amère ne se répète, les Conventions des Communes doivent se développer comme une force parasitaire sans être absorbées par le Parti communiste. Autrement dit, la Convention des Communes est le véritable Soviet.

L’analogie n’est pas parfaite, mais les Conventions des Communes se nourrissent du Parti communiste de l’intérieur, à l’instar d’un parasite qui se nourrit de son hôte. Le processus révolutionnaire idéal serait l’exact opposé de la Révolution russe : la Convention des Communes prendrait le contrôle du Parti communiste et le conduirait à sa dissolution.

Cependant, les autorités du Parti communiste, conscientes de cette perspective, pourraient tenter d’éliminer la Convention des Communes comme on extermine les parasites. Dans ce cas, elles n’auront d’autre choix que de l’externaliser en formant une Convention des Communes en exil à l’étranger.



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dimanche 19 avril 2026

Sur le Communisme:Page54

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Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

2. Mettre en place des contre-pouvoirs.

2.1. Pré-révolution

Dans le processus révolutionnaire, l'apogée de l'effondrement de l'ancien régime et l'instauration d'un régime révolutionnaire n'apparaissent pas soudainement, mais il existe plutôt une étape de révolution préliminaire (la pré-révolution) qui y conduit. Autrement dit, le système en place et un système inachevé, servant de cadre au système révolutionnaire, coexistent et s'affrontent. On parle alors de « situation de contre-pouvoirs ».

Cette situation débutera officiellement lorsque la Convention des Communs Mondial adoptera le projet de Charte du Commonwealth Mondial et proclamera la création provisoire de ce dernier. En réaction, une fois la formation et le développement des Conventions des Communs achevés dans chaque région et chaque pays, une forme de contre-pouvoir primordial se mettra en place. En effet, chaque Convention des Communs est appelée à devenir l'organe directeur officiel après la révolution.

Cependant, pour instaurer un tel contre-pouvoir, il est nécessaire qu'une large partie de la population reconnaisse la légitimité démocratique des Conventions des Communes et qu'un mouvement populaire se dessine, appelant à la prise de conscience de l'importance de la révolution et à la participation à le non-vote collectif. Je dois admettre, en toute franchise, que c'est extrêmement difficile.

Premièrement, pour que la population reconnaisse que la Convention des Communes est l'institution politique qui représente véritablement la majorité, il est essentiel qu'elle puisse acquérir une supériorité numérique lui permettant d'affirmer la représenter, y compris auprès de sympathisants potentiels.

Par ailleurs, un accomplissement majeur des Conventions des Communes durant la phase préliminaire de la révolution réside dans leurs activités contre-législatives. Il s'agit notamment de l'établissement d'une charte qui servirait de norme suprême après la révolution. De plus, il est nécessaire, dès la phase révolutionnaire, de concevoir un système pour une économie planifiée et respectueuse de l'environnement, indépendante de l'économie monétaire et des autres lois fondamentales majeures.


2.2. Mise en œuvre du non-vote collectif

En effet, la tâche la plus complexe sur le plan technique consiste à organiser le non-vote collectif, élément central d'une révolution non armée. Comme mentionné précédemment, le seuil minimal de voix requis pour remporter une élection est intentionnellement fixé à un niveau extrêmement bas par la loi ; de sorte que même une légère baisse du taux d'abstention n'affecte pas la validité légale du scrutin.

Il est donc nécessaire d'organiser l'abstention jusqu'à invalider légalement l'élection. Mais est-ce réellement possible ? Il s'agit d'un défi sans précédent dans l'histoire mondiale.

Bien qu'il soit théoriquement possible de mener un non-vote collectif invalidant légalement toutes les élections, cela pourrait s'avérer impossible en pratique. Cependant, même si des élections à très faible participation sont juridiquement valides, elles perdent leur légitimité politique.

Dans une telle situation, il est possible que les Conventions des Communes, soutenues par des actions populaires telles que des manifestations de rue, mènent la révolution à la victoire. Par conséquent, comme nous l'avons vu au chapitre précédent, la méthode révolutionnaire de l'abstention collective ne peut réussir seule. Selon le contexte et la situation de chaque pays, elle peut être combinée à des méthodes telles que les soulèvements populaires.

Afin d'éviter une telle situation révolutionnaire, les pays établis peuvent instaurer le vote obligatoire ou renforcer les sanctions applicables aux systèmes de vote obligatoire déjà en vigueur. Dans ce cas, un mouvement de désobéissance civile doit être organisé pour permettre aux citoyens de s'abstenir par conscience et sans crainte de représailles.

Plus le nombre d'abstentionnistes est élevé, plus il devient difficile pour les forces de l'ordre et autres autorités de contrôler l'abstention. Il est donc essentiel de mener des campagnes de sensibilisation pour encourager l'abstention.


2.3. L'abstention comme droit politique

L'obstacle à la mise en œuvre du non-vote collectif réside dans l'idée que s'abstenir équivaut à un abandon du devoir civique. En effet, selon la pensée conventionnelle de la science politique bourgeoise occidentale, devenue populaire dans le monde entier, le vote est le droit sacré des électeurs., et c'est par notre vote éclairé que nous pouvons bâtir un avenir porteur d'espoir. S'abstenir serait considéré comme une folie et un manquement à son devoir d'électeur.

Cependant, il est toutefois possible de faire la distinction entre le « non-vote paresseux », qui est simplement dû à l'apathie politique, et le « non-vote révolutionnaire », qui est une expression plus active d'une intention de révolution. Il va de soi que l'abstention, en tant que nouvelle méthode de révolution non armée, n'est pas une simple « paresse civique », mais une « abstention révolutionnaire ».

La Convention des Communes prérévolutionnaire doit diffuser efficacement cette nouvelle idée d'abstention comme droit politique = abstention révolutionnaire à travers le monde, et à moins qu'elle n'y parvienne, il n'y aura pas de révolution non armée.


2.4. Établissement d'une situation de contre-pouvoir

Quoi qu'il en soit, à mesure que le taux d'abstention augmentera à chaque élection et que la légitimité du parlement et du gouvernement en place sera ébranlée, le peuple se détournera de ces institutions, incapables de faire face aux limites de plus en plus évidentes du capitalisme, et commencera à comprendre que la Convention des Communes est notre véritable organe représentatif politique. Il en résultera un boycott collectif final, acte de défiance totale envers le parlement et le gouvernement, qui entraînera leur chute.

Cela ne signifie pas que la révolution est achevée, mais que la situation de contre-pouvoir, telle qu'elle précédait la révolution, est établie, et que nous pouvons enfin nous trouver au point de départ de celle-ci.

Dans de nombreux pays, des dispositions constitutionnelles ont été prévues à l'avance afin d'éviter tout vide du pouvoir, en autorisant le gouvernement sortant à rester en fonction ou en désignant un gouvernement de remplacement, à moins qu'un nouveau gouvernement ne soit formé pour une raison quelconque après les élections. Même si aucun nouveau gouvernement n'est formé en raison du non-vote collectif, un système est en place qui permet à l'ancien régime de rester légalement en place. 

On peut prévoir que, dans la plupart des cas, l'ancien régime en place refusera de céder le pouvoir à la Convention des Communes et fera tout son possible pour empêcher l'instauration d'une administration révolutionnaire. Il convient donc d'envisager les processus qui suivent.



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vendredi 3 avril 2026

Sur le Communisme:Page53

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Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

Une société communiste peut être réalisée par la révolution non armée du peuple. Un moyen puissant d'y parvenir est le non-vote collectif, comme mentionné précédemment. En quoi consiste donc ce processus ?



1. Déterminer le moment opportun pour la révolution.

1.1. Persistance de la souffrance sociale

Dans ce chapitre, j'aimerais examiner un processus pouvant servir de modèle pour une révolution potentielle, en me concentrant sur l'autre méthode de révolution abordée dans le chapitre précédent : la révolution fondée sur le non-vote collectif. Le premier obstacle est de déterminer le moment opportun pour la révolution.

Si une révolution ne se produit pas à une date précise comme un coup d'État, elle n'éclate pas non plus soudainement comme un séisme majeur. Il existe un moment propice à la révolution. En particulier, les révolutions fondées sur le non-vote collectif diffèrent des soulèvements populaires, souvent déclenchés par des manifestations spontanées, et le choix du moment est crucial. Alors, quel est ce moment opportun ?

Avant toute chose, il est essentiel que beaucoup prennent conscience des limites du capitalisme. Cela signifie que la crainte de ne plus pouvoir vivre sous ce système acquiert un caractère d'urgence bien réel.

Cependant, une Grande Dépression soudaine n'entraînera pas immédiatement une révolution. Historiquement, la Grande Dépression de 1929 n'a pas provoqué de révolutions, non seulement à son épicentre, les États-Unis, mais aussi en Europe, en Asie et dans d'autres pays.

Au cœur d'une crise économique brutale, les masses peuvent supporter une pauvreté temporaire et garder espoir en l'avenir. De ce fait, la volonté de mettre fin au capitalisme par la révolution n'émerge pas. Comme l'affirme la Déclaration d'indépendance des États-Unis : « Les hommes sont plus enclins à souffrir, tant que les maux sont supportables, qu'à se redresser en abolissant les formes auxquelles ils sont habitués.»

Par conséquent, une révolution ne surviendrait que lorsqu'une situation de souffrance insupportable et persistante s'installerait. Plus précisément, cette souffrance sociale, qu'il faudrait aussi appeler souffrance capitaliste, ne se limite pas à l'angoisse générale liée à l'alimentation et au logement due à l'aggravation de la crise environnementale. Elle englobe également des problèmes chroniques tels que l'insécurité permanente liée à la précarité de l'emploi et des retraites, la désintégration des communautés locales et l'éclatement des familles dus à la perte progressive du lien social, ainsi que la hausse de la criminalité engendrée par ces facteurs.

Par ailleurs, si le pouvoir politique parlementaire en place (ou le pouvoir électoral en général) se révèle incapable de prendre des mesures efficaces et appropriées pour faire face à ces crises chroniques, et si la situation perdure sans intervention, la patience de la population atteindra ses limites. Lorsque ces conditions seront quasiment réunies, on pourra y voir le signe avant-coureur d'une révolution.


1.2. L'ère du capitalisme tardif

Alors, quand exactement la révolution commencera-t-elle ? À cet égard, le « capitalisme mondial » actuel, en pleine expansion, prend l'allure d'une « économie tsunamique », où une crise économique et financière dans un pays se propage à l'échelle planétaire. Il faut également tenir compte de la stagnation de l'activité économique causée par des phénomènes naturels tels que des conditions météorologiques extrêmes, des catastrophes majeures et des maladies infectieuses, susceptibles de déclencher une récession économique mondiale.

De plus, même si l'économie connaît une phase de forte croissance temporaire, les entreprises se prépareront à l'imprévu et s'efforceront de réduire leurs coûts salariaux plus que jamais (exploitation préventive), ce qui aboutira à une reprise économique (stable) sans création d'emplois. Ce scénario est fort probable. Dans ce cas, le phénomène paradoxal de « vie difficile dans une économie florissante » devient tout à fait normal.

Le « capitalisme mondial » déstabilisera le système économique mondial, et les limites du capitalisme apparaîtront clairement dans chaque pays, à sa manière. De ce point de vue, on peut affirmer que le capitalisme est déjà entré dans une phase avancée de souffrance prolongée, telle que décrite précédemment, voire dans une phase apocalyptique.


1.3. L'heure de la formation de la Convention des Communes

Si tel est le cas, on peut dire que l'élan nécessaire à la mise en place de la Convention des Communes en tant qu'organisation révolutionnaire, comme proposé au chapitre précédent, est en train d'arriver. La structure de base de cette organisation ayant été décrite au chapitre précédent, je n'y reviendrai pas.

En résumé, la nouvelle révolution communiste du XXIe siècle (et au-delà) sera une série de révolutions mondiales qui débutera avec la formation de la Convention mondiale des Communes et se poursuivra par des révolutions au niveau national. et se conclut par la création du Commonwealth mondial. Le présent chapitre a pour objet de préciser les modalités de ce processus.



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vendredi 6 mars 2026

Sur le Communisme:Page52

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Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

4. Commençons par la révolution des consciences.

4.1. L'illusion du « bonheur »

S'il y a bien une chose qui fait obstacle à la révolution aujourd'hui, ce ne sont ni la police ni l'armée, mais les masses, notre propre conscience. Autrement dit, comme l'a dit Marx, avec le développement du capitalisme, les masses des pays capitalistes, y compris la classe ouvrière, en sont venues à accepter le capitalisme comme une « loi naturelle qui va de soi ».

Marx cherchait la cause de ce phénomène dans les effets de « l'éducation, de la tradition et de la coutume », mais de nos jours, on pense que ce n'est pas seulement cela, mais aussi la stratégie culturelle plus agressive du capitalisme qui exerce une influence considérable.

À cet égard également, le rôle de l'empire culturel des médias de masse est significatif. Dans les pays capitalistes, les médias de masse endoctrinent quotidiennement les populations en leur présentant le capitalisme comme un système allant de soi et répandent la doctrine selon laquelle « il n'y a pas d'autre voie que le capitalisme » (ce qu'on appelle « la fin des idéologies »).

Mais la culture de consommation est encore plus puissante. Comme indiqué au chapitre 1, c'est également dans ce domaine que le capitalisme a triomphé du collectivisme incarné par l'ex-Union soviétique, et c'est sa spécialité. Une culture de consommation florissante incite les masses à consommer plutôt qu'à se révolutionner. Nous nous sentons heureux d'être entourés d'une multitude de biens, croyant ne plus être aliénés. De ce fait, la conscience de classe s'efface au sein de la classe ouvrière.

Cette illusion socio-psychologique de « bonheur », créée par les stratégies culturelles capitalistes – ce que le sociologue marxiste français Henri Lefebvre appelait « aliénation généralisée » – est aussi un facteur subjectif qui invalide de fait le terme de « classe ouvrière ».

Pour que la révolution aboutisse, il est nécessaire de commencer par une révolution des consciences afin d'échapper à cette illusion. La révolution plutôt que le shopping ! Rappelons ici la proposition vue au chapitre 3 : « La consommation est aussi une exploitation du capital, au même titre que le travail. » En d'autres termes, la consommation est une dépense. Cela signifie que le capital aspire chaque jour le contenu de nos portefeuilles comme du sang frais.


4.2. Possibilité d'une révolution des aînés

Concernant la révolution des consciences, la question se pose de savoir si le vieillissement croissant des pays capitalistes développés constituera un frein à cette révolution.

Il est vrai que les révolutions sont généralement des actions politiques menées par des jeunes en pleine force de l'âge, et tous les révolutionnaires de l'histoire étaient jeunes – du moins au moment de la révolution. La rigidification mentale qui accompagne le vieillissement tend à être politiquement liée au conservatisme. On considère cela comme l'une des raisons du déclin des mouvements révolutionnaires et de la montée des forces conservatrices dans les pays capitalistes avancés où la population vieillit.

Cependant, le conservatisme des consciences n'est en aucun cas un phénomène limité aux personnes âgées aujourd'hui. Bien au contraire, on peut même affirmer que les jeunes, totalement coupés de mouvements révolutionnaires et politiquement désenchantés, sont plus conformistes que les aînés qui ont vécu les mouvements ouvriers radicaux et les mouvements révolutionnaires du passé.

Néanmoins, l'anxiété croissante concernant l'emploi et les retraites rendra la vieillesse de la génération actuelle de jeunes et d'adultes d'âge mûr particulièrement difficile. Reconstruire sa vie sera ardu, les ressources financières destinées à la protection sociale s'épuiseront et l'anxiété existentielle atteindra son paroxysme. Il y a fort à parier que, lorsque la génération actuelle de jeunes adultes atteindra la vieillesse, leur conscience s'éveillera probablement davantage face aux difficultés de la vie. Au-delà de cela, on entrevoit la possibilité d'une « révolution des aînés » sans précédent.

Traditionnellement, le modèle de vieillissement conservateur se caractérise par un relâchement de la conscience révolutionnaire de la jeunesse avec l'âge, l'adaptation et l'intégration à la société, jusqu'à son extinction complète, voire son rejet total. Cependant, désormais, un modèle de vieillissement radical pourrait se généraliser : la conscience détendue et conformiste de la jeunesse se radicalisera avec l'âge et la rupture avec la société, pour finalement aboutir à une conscience révolutionnaire.

Outre les moyens d'expression créative traditionnels décrits ci-dessus, les moyens d'expression modernes tels que le manga et l'animation présentent également l'avantage d'être accessibles et seront pris en considération.  De plus, la méthode de la « révolution à domicile », fondée sur le non-vote collectif, est facilement applicable par les personnes âgées à mobilité réduite.


4.3. Stratégie de transformation culturelle

Dès lors, par où commencer cette révolution des consciences ? Le premier pas vers une telle révolution dépend de notre prise de conscience des limites du capitalisme.

Comme évoqué au chapitre 1, ces limites se manifestent par des crises dans quatre domaines : la durabilité environnementale, l’innovation technologique globale, la stabilité de la vie et la sociabilité humaine. Le problème résidait dans l'impossibilité quasi totale de résoudre les problèmes suivants : « l'environnement mondial n'est pas durable », « l'innovation technologique stagne », « l'anxiété liée au mode de vie s'accroît » et « l'humanité se dégrade ».

Cependant, nous ne sommes pas facilement convaincus par de simples discours abstraits sur de tels sujets. C'est donc précisément dans des cas comme celui-ci que les forces créatrices de la littérature, du théâtre, du cinéma, etc., doivent s'unir. Car les œuvres créatives qui explorent en profondeur les limites du capitalisme sont forcément plus efficaces que mille sermons.

De fait, il semble que la littérature prolétarienne, les pièces épiques de Brecht et les films comiques de Chaplin aient eu un tel pouvoir, mais leurs successeurs semblent avoir disparu. Une fois de plus, la loi de la valeur commerciale et la censure qui en découle font obstacle. Aujourd'hui, la littérature, le théâtre et le cinéma sont eux aussi soumis à cette loi, et force est de constater une tendance frappante : les créateurs tendent à devenir de simples fabricants de produits appelés romans. Théâtre et cinéma.

Une fois de plus, le recours aux ressources partagées sur Internet pourrait s'avérer précieux. Le Mouvement de  Convention des Communes devrait également soutenir diverses activités créatives anticapitalistes. Concrètement, il serait possible d'offrir la possibilité de présenter des œuvres sur le site web officiel de  Convention des Communes et, si cela s'avère envisageable, la Convention elle-même pourrait posséder une chaîne de télévision/radio sur Internet et y diffuser des œuvres.

Outre les moyens d'expression créatifs traditionnels décrits ci-dessus, les moyens d'expression modernes tels que le manga et l'animation présentent l'avantage d'être accessibles et leur utilisation est à l'étude. Une telle stratégie, qui induit un changement dans le domaine culturel et favorise une prise de conscience collective, peut être qualifiée de « stratégie de transformation culturelle ».


4.4. Personnalités culturelles organiques

Les personnalités culturelles à l'avant-garde de ces stratégies de transformation culturelle peuvent être définies comme des « personnalités culturelles organiques », en élargissant la notion d'« intellectuels organiques » du penseur marxiste italien Antonio Gramsci.

Comme la notion d'« intellectuel organique » de Gramsci a souvent été mal comprise, ces « personnalités culturelles organiques » ne désignent pas des « acteurs culturels au service d'un parti (parti communiste) », mais plutôt celles et ceux qui s'émancipent du peuple et contribuent à une révolution des consciences par des activités créatives libres, tout en conservant un lien organique avec lui.

D'ailleurs, même si Chaplin n'entrait pas directement dans la catégorie des « personnalités culturelles organiques » au sens strict, son talent pour la satire, allié à une critique acerbe, était radicalement différent de celui de la comédie commerciale. Ce talent, conjugué à son esprit critique aiguisé, semble avoir eu le potentiel d'avoir un impact révolutionnaire sans commune mesure avec celui de la comédie commerciale. Dans le cadre d'une stratégie de transformation culturelle, le pouvoir d'un rire critique de qualité, combiné à un divertissement à la Chaplin, serait également très efficace.



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mercredi 18 février 2026

Sur le Communisme:Page51

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Chapitre 8 : UN NOUVEAU MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE

3. Faites-le différemment du Parti communiste.

3.4. Alliance flexible

J'ai indiqué que la Convention des Communes prérévolutionnaire était une organisation décentralisée de type réseau, sans direction centrale. Cependant, ce type d'organisations en réseau ont tendance à avoir des adhésions trop laxistes et à se transformer facilement en activités de type club.

C'est pourquoi l'adhésion à la Convention des Communes prérévolutionnaire est encadrée par des règles strictes. Seuls ceux qui ont adhéré à l'intégralité des articles du Pacte de la Convention des Communes, qui constitue sa constitution, peuvent en devenir membres.

Ces membres sont tenus de verser annuellement une contribution aux frais de fonctionnement égale ou supérieure au montant minimum prévu par le pacte.

Outre les membres du Comité central (ou fédéral) de liaison, les membres des Comités de liaison des Conventions des Communes locales sont tirés au sort parmi les membres de l'alliance. Dans le cas des Conventions des Communes locales, ils doivent résider dans la juridiction concernée. Leur mandat est d'environ deux ans.

Ainsi, la mise en place d'un système de rotation des postes au sein de l'organisation par tirage au sort permet d'éviter la sclérose en plaques des dirigeants et la création d'une bureaucratie interne autoritaire, comme c'est le cas dans les organisations du Parti communiste.

De plus, les délégués à l'assemblée générale qui ont le droit d'assister à l'assemblée générale de la Convention des biens communs sont élus parmi les membres du comité de liaison de la Convention des Communes provinciale (ou quasi-zonale) et régionale. Par ailleurs, un nombre déterminé de membres ordinaires peuvent également y assister, selon le principe du premier arrivé, premier servi.

Bien que le nombre de ces membres principaux de l'alliance soit limité dans une certaine mesure, aucune activité dite « d'organisation », telle que le recrutement de membres du parti, ne sera menée. À la place, des employés à temps plein mèneront des activités inspirantes via Internet et se concentreront sur la diffusion volontaire auprès de sympathisants externes.  

L'adhésion et l'organisation de la Convention des Communes ne sont en aucun cas de type cercle, mais il ne s'agit pas non plus d'une « unité de fer » à la manière du Parti communiste ; avec un nombre limité de membres de l'alliance comme noyau, elle sera composée d'un grand nombre de sympathisants volontaires formant une extension, et sera une organisation de type amibe que l'on peut qualifier d'« alliance flexible ».


3.5. Fusion du rouge et du vert

La Convention des Communes pré-révolutionnaire diffère idéologiquement du Parti communiste en ce qu'elle intègre l'écologie.  Cela se reflète également dans la nouvelle méthode d'économie planifiée qui sera mis en place après la révolution, appelée économie planifiée durable, que nous avons vue au chapitre 2.

À cet égard, il convient de rappeler que depuis la dissolution de l'Union soviétique, des partis écologiques tels que le Parti vert ont vu le jour principalement en Europe en réponse à l'intérêt sans précédent pour les questions environnementales mondiales.  

Cependant, le Parti vert est généralement négatif à l'égard du communisme et ne préconise que le renforcement des réglementations environnementales dans le cadre du capitalisme, sans tenter de changer fondamentalement le mode de production. En ce sens, leur position revient finalement à un « capitalisme vert », qui se contente de teinter le capitalisme de vert. 

Cela ne fera qu'inciter le capital à poursuivre des stratégies opportunistes de recherche de profits, telles que les éco-entreprises. Un exemple symbolique en est la politique d'exportation de l'énergie nucléaire, qui promeut les mesures de lutte contre le réchauffement climatique comme justification, mais le « capitalisme vert » ne peut pas critiquer fondamentalement les pratiques commerciales éco-opportunistes du capital. 

D'autre part, les syndicats ont tendance à s'allier à la direction pour s'opposer aux réglementations environnementales, craignant qu'une baisse de la production ou une augmentation des coûts de production due à des réglementations environnementales plus strictes n'entraîne des licenciements. Le Parti communiste, qui se montre compréhensif à l'égard de la position des syndicats, est également susceptible d'adopter une position anti-écologique, en partie en raison de sa méfiance à l'égard de la montée en puissance du Parti vert.

La Convention des Communes pré-révolutionnaire vise à redéfinir un nouveau communisme qui intègre l'écologie, existant entre le « capitalisme vert » anticommuniste et l'« anti-écologie » communiste.  

La couleur traditionnelle du communisme est le rouge. Étant donné que la Convention des Communes pré-révolutionnaire vise également le communisme, il est tout à fait acceptable d'utiliser le rouge comme couleur de base, mais en y ajoutant du vert. Cependant, il ne devrait pas s'agir simplement d'une combinaison de deux couleurs, le rouge et le vert, mais plutôt d'une sorte d'arabesque, d'une fusion du rouge et du vert dans une dimension profonde.


3.6. Mouvement de non-vote collectif 

L'activité principale de la Convention des Communes prérévolutionnaire consiste avant tout à développer un mouvement de non-vote collectif(abstention), qui deviendra une nouvelle méthode de lutte révolutionnaire. Autrement dit, en prenant pour base la Convention mondiale des Communes, et grâce aux Conventions des Communes de chaque pays qui y collaborent, vous augmenterez progressivement le nombre d'abstentionnistes lors des différentes élections publiques, saperez la légitimité des parlements et gouvernements en place et conduirez à une révolution.

Il convient de noter ici les mouvements dans les pays où le vote est obligatoire et passible de sanctions. Dans ce cas, l'abstention est considérée comme un acte criminel. Cependant, dans la plupart des cas, il s'agit d'un délit mineur puni d'une amende et rarement appliqué avec rigueur. Mais si l'abstention est sévèrement punie, elle devient une forme de désobéissance civile.

En revanche, dans les pays où les systèmes électoraux n'existent pas encore, ou même s'ils existent, où les élections ne sont plus qu'une simple formalité du fait du régime de parti unique, les campagnes collectives de non-vote ne peuvent d'emblée se développer efficacement. Dans ce cas, la Convention des Communes devrait privilégier les activités contre-législatives mentionnées au paragraphe suivant plutôt que le mouvement d'abstention, ou, si cela s'avère difficile, constituer une Convention des Communes en exil à l'étranger.

Par ailleurs, les mouvements de la Convention des Communes dans les pays où les partis communistes ont instauré des régimes de parti unique peuvent, à première vue, sembler paradoxaux, opposant le « communisme au communisme ». Cependant, des divergences existent entre le communisme partisan des partis communistes en place et le communisme des Conventions des Communes ; l'expression « opposer le communisme au communisme » n'est donc pas contradictoire.

Dans ce cas, plutôt que d'attaquer le parti communiste dictatorial depuis l'extérieur en adoptant une position anticommuniste, un mouvement de contestation interne se développe, fondé sur une nouvelle forme de communisme redéfinie.


3.7. Activités contre-législatives

Le deuxième pilier des activités de la Convention des Communes prérévolutionnaire est constitué par les activités anti-législatives. Il s'agit des activités législatives et exécutives menées par le Pacte des Commons pour s'opposer aux institutions législatives existantes. Bien sûr, lorsque l'on parle ici de « législation », dans la phase pré-révolutionnaire, il s'agit encore d'un programme privé qui n'a pas d'effet en tant que loi ordinaire, mais une fois la révolution achevée, il devient une loi officielle, pour ainsi dire, c'est une chrysalide de la loi. 

Au centre de cela se trouve la Charte. Une charte est la norme la plus élevée équivalente à une constitution en termes de système juridique national existant, et peut pratiquement être appelée une constitution. Comme déjà mentionné, le communisme ne suppose pas un État souverain, donc la constitution, qui est la norme la plus élevée de la société, se présente sous la forme d'une charte (la Charte de la Convention des Communes).

Ces chartes utilisent la Charte de la Convention Mondiale des Communes, qui sert également de charte du Commonwealth mondial, comme source unifiée du droit, et chaque charte de la Convention des Communes est promulguée. De cette manière, les chartes sont promulguées à plusieurs niveaux pour chaque sphère, formant un réseau de chartes.  

Outre la promulgation de la Charte, l'adoption d'une législation économique relative au mécanisme d'une économie planifiée durable constitue également une activité législative importante de la Convention des Commons pré-évolutionnaire. Afin d'éviter les troubles économiques et sociaux post-révolutionnaires, des préparatifs pré-révolutionnaires minutieux sont indispensables, car l'abolition de l'économie monétaire est une entreprise majeure dans l'histoire de l'humanité.


3.8. Abstention de devenir un parti politique

Au-delà des deux axes d'activité mentionnés précédemment, on peut se demander si la Convention des Communes prérévolutionnaire devrait également s'engager dans des activités de type parti politique, telles que la participation aux élections.

Tout en approuvant fondamentalement l'orientation de la Convention des Communes, qui vise un nouveau communisme, si le capitalisme est suffisamment dynamique et ne risque pas de s'effondrer de lui-même, il est envisageable de recommander, avec prudence, de viser d'éventuelles réformes par le biais des élections, dans le cadre du capitalisme.

Toutefois, la Convention des Communes prérévolutionnaire ne devrait pas se transformer en parti politique ni en organisation politique similaire. Cela marque une rupture majeure avec le Parti communiste établi.

Comme indiqué précédemment, dans le monde post-soviétique, de nombreux partis communistes résiduels participent aux élections parlementaires et détiennent un certain nombre de sièges. Parallèlement, la plupart d'entre eux ont de fait abandonné la révolution communiste et se sont adaptés au capitalisme, car il leur serait difficile de gagner et de conserver des sièges autrement.

C’est aussi parce que le système parlementaire bourgeois contraint tous les partis parlementaires, y compris le Parti communiste, à s’assimiler au capitalisme comme condition implicite à leur maintien au Parlement. De ce fait, le sens du terme « communisme » se vide de sa substance et devient un simple nom. Il serait absurde que la Convention des Communes prérévolutionnaire suive la même voie que les partis communistes restants. Par conséquent, il convient d’interdire formellement à la Convention des Communes prérévolutionnaire de se transformer en parti politique et de participer aux élections.

En définitive, la Convention des Communes prérévolutionnaire n’est ni un parti politique, ni une organisation clandestine, mais elle doit conserver son statut d’organisation de mouvement ouverte, destinée à devenir une organisation gouvernementale officielle après la révolution.


3.9. Activités de troc d'entraide

La Convention des Communes prérévolutionnaire est un mouvement révolutionnaire qui rejette les éléments de type club et œuvre à la réalisation du noble objectif d'établir une société communiste. Pour soutenir un mouvement aussi ambitieux, les activités politiques seules ne suffiront probablement pas à maintenir l'organisation sans difficulté. Elle doit également offrir des avantages économiques à ses membres.

Par conséquent, en plus de l'activité politique, il serait avantageux pour la La Convention des Communes prérévolutionnaire de commencer à former des réseaux de troc entre ses membres en vue de l'économie planifiée post-révolutionnaire, qui ne sera plus basée sur le système monétaire. Cela pourrait également être considéré comme une activité d'entraide axée sur le bien-être, dans la mesure où elle implique l'échange de biens de première nécessité et le soutien mutuel.

Ces activités d'entraide par le troc peuvent également avoir une importance sociale en tant que mouvement de soutien aux personnes démunies en dehors de l'organisation, pouvant servir de moteur pour obtenir la reconnaissance sociale de la Convention des Communes et l'aider à s'implanter dans la société.



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