Chapitre 10 : Vers le Commonwealth mondial
2.1. Création du Commonwealth mondial
À l'époque de la Guerre froide, évoquer le communisme à l'échelle mondiale vous aurait valu d'être inscrit sur la liste de surveillance des services de renseignement occidentaux ; ce n'est plus le cas aujourd'hui. Du moins, je l'espère.
Je peux donc affirmer aujourd'hui qu'il est possible d'instaurer le communisme sur toute la planète grâce à un effet domino de révolutions, et qu'une telle démarche est indispensable à la survie même de la Terre. En particulier, pour atteindre des normes environnementales mondiales garantissant la durabilité écologique, il est nécessaire d'instaurer une économie planifiée non seulement à l'échelle régionale, mais aussi à l'échelle planétaire.
Par ailleurs, il convient de parvenir à la suppression des armées nationales permanentes — qui figurent parmi les plus gros émetteurs de carbone du secteur public — ainsi qu'à un renoncement quasi universel à la guerre, activité par nature destructrice pour l'environnement.
Ce qui rend cela possible, c'est la création du Commonwealth mondial dont j'ai parlé à plusieurs reprises, et c'est là l'objectif ultime des révolutions mondiales incessantes.
2.2. Structure fondamentale du Commonwealth mondial
Bien que le Commonwealth mondial présente certaines similitudes avec l'actuelle Organisation des Nations unies, la différence politique cruciale réside dans l'abandon du concept de souveraineté nationale — et, par conséquent, de la notion d'États souverains exerçant une telle souveraineté.
L'actuelle Organisation des Nations unies se caractérise par une structure de fédération d'États membres souverains ; c'est précisément là que résident ses principales limites. Chaque État membre se réservant le droit d'agir selon ses propres intérêts nationaux, il n'existe aucune obligation de ratifier — qu'il s'agisse d'une simple résolution de l'Assemblée générale ou même d'un traité ayant valeur de droit international. La décision de ratifier est prise au nom de la souveraineté et des intérêts nationaux des États membres. Il arrive même que certains pays ne respectent pas les traités qu'ils ont pourtant ratifiés.
À l'inverse, dans le cadre du Commonwealth mondial, les États souverains sont abolis. Chaque « pays » conserve une administration autonome au sein d'un certain « domaine » — en tant que zone intégrée au Commonwealth mondial —, mais son pouvoir administratif est pleinement régi par la Charte du Commonwealth mondial (la Constitution mondiale) et par ses traités (le Droit mondial).
L'adoption de cette structure permettra également de faire disparaître la « question territoriale », cause première des guerres à travers l'histoire. En effet, aucune zone ne possède plus de « territoire » exclusif ; elle se voit simplement garantir un « domaine » sur lequel elle exerce un pouvoir administratif relatif.
Certes, des différends concernant l'étendue de ce « domaine » persisteront, et de nouveaux pourront surgir ; toutefois, tous ces « conflits de domaine » seront résolus pacifiquement, exclusivement par le biais d'instances de médiation placées sous l'autorité directe du Commonwealth mondial.
Par ailleurs, le nom officiel du Commonwealth mondial est *la Monda Komunumo* en espéranto, langue officielle provisoire. Nous aborderons la portée de ce choix dans la section suivante.
2.3. Économie planifiée mondiale
La différence la plus déterminante entre le Commonwealth mondial et l'actuelle Organisation des Nations unies réside dans l'aspect économique. Alors que les Nations unies ne sont rien de plus qu'une union politique d'États, le Commonwealth mondial se définit essentiellement comme une entité économique unifiée couvrant l'ensemble du globe.
En d'autres termes, il deviendra possible d'unifier à l'échelle mondiale les politiques économiques, lesquelles relèvent actuellement de la souveraineté de chaque pays en tant qu'affaires intérieures. Concrètement, à une échelle véritablement mondiale, la production de marchandises et les échanges monétaires seront abolis pour laisser place à une économie planifiée de type communiste et à une coopération économique complémentaire.
À cette fin, l'Organisation mondiale de planification économique sera créée en tant qu'organisme spécialisé placé sous le contrôle direct du Commonwealth mondial ; elle définira des objectifs de planification de la production à l'échelle mondiale, fondés sur des normes environnementales.
Plus précisément, l'Organisation mondiale de planification économique regroupera diverses associations professionnelles mondiales de production (par exemple, l'Association mondiale de l'acier, l'Association mondiale de l'industrie automobile, etc.). Ces associations intégreront les organisations de production de chaque zone, en se concentrant sur les secteurs industriels ayant un fort impact environnemental, particulièrement visés par les réglementations sur les émissions de dioxyde de carbone et d'autres substances nocives. Ces associations élaboreront et mettront en œuvre conjointement des plans économiques à l'échelle mondiale. On peut concevoir cette organisation comme une version globale de la Conférence de planification économique dans chaque zone.
Ces plans économiques mondiaux auront pour fonction d'établir un cadre général (un plafond) pour les activités de production à travers le monde. Cela ne signifie pas pour autant que la marge de manœuvre de chaque zone en matière de planification économique individuelle sera supprimée ; une fois ce système de plafonnement établi, la planification économique de chaque zone restera autonome dans les limites de ce plafond, qui fonctionnera comme un système de quotas.
Parallèlement, cette économie planifiée à l'échelle mondiale permettra également de se procurer, autant que possible auprès de sources géographiquement proches, les biens et services que chaque zone ne peut produire elle-même (par exemple, les voitures destinées à l'Afrique seront fournies par l'Europe voisine plutôt que par les États-Unis ou le Japon). Elle jouera aussi un rôle dans la coopération économique interrégionale.
Enfin, pour assurer la coordination économique dans le secteur de l'alimentation et de l'agriculture — domaine qui ne s'inscrit pas dans la planification économique générale —, sera créée l'Organisation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture. Cette institution spécialisée du Commonwealth mondial reprendra et développera les missions de l'actuelle Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cela nous permettra de reconquérir l'alimentation et l'agriculture, actuellement accaparées par le capital international au nom du libre-échange.
La disparition du commerce international — aujourd'hui désigné sous le terme de « commerce mondial » — réduira considérablement l'immense volume de transports logistiques internationaux caractéristique du capitalisme mondialisé et contribuera également à la régulation des émissions de dioxyde de carbone.
Enfin, le communisme mondial peut apporter une contribution novatrice à la gestion durable des ressources naturelles. En d'autres termes, une Organisation mondiale des ressources naturelles — institution spécialisée du Commonwealth mondial — serait créée pour assurer, à l'échelle planétaire, l'extraction, la gestion et la distribution équitable des ressources naturelles ; celles-ci, tout comme la terre, deviendraient alors des biens sans propriétaire privé sous le régime communiste. Il conviendrait également d'envisager la création d'une Organisation mondiale des ressources en eau distincte, chargée de préserver l'eau — ressource vitale pour tous les êtres vivants — et d'en assurer un approvisionnement hygiénique et équitable.
Grâce à ces mesures, il sera possible de mettre en œuvre une gestion intensive des ressources naturelles respectueuse de l'environnement mondial et de surmonter les effets néfastes du nationalisme ou du capitalisme liés aux ressources.
2.4. L'universalité du communisme
À ce propos, lorsque l'on évoque le communisme mondial, on peut se demander s'il est possible d'unifier les peuples de la planète — aux contextes culturels et aux niveaux de développement économique et social variés — sous la bannière du communisme.
Voici ma réponse à cette question : le communisme n'impose pas un modèle culturel ou de développement spécifique ; il s'agit simplement d'un système de gestion sociale axé sur la production et le travail. Par conséquent, tout comme le système capitaliste s'est répandu à l'échelle mondiale avec une universalité considérable, il est tout à fait possible que le système communiste se diffuse de manière tout aussi universelle, voire davantage.
Je crois notamment que l'affranchissement de la domination monétaire constituera probablement une bonne nouvelle pour tous les peuples du monde. En effet, le développement extrêmement inégal entre les nations — symbolisé par le problème, toujours irrésolu, de la disparité Nord-Sud à l'échelle mondiale et par celui de la disparité Sud-Sud, devenu plus marqué ces dernières années — découle précisément des écarts dans la quantité de monnaie détenue par les différents pays.
En ce sens, si les humains forment des « groupes ethniques » aux caractéristiques diverses, ils forment avant tout un « peuple commun » universel, dont le but commun est l’avènement du communisme.
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