dimanche 19 avril 2026

Sur le Communisme:Page54

Anglais  Espéranto

Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

2. Mettre en place des contre-pouvoirs.

2.1. Pré-révolution

Dans le processus révolutionnaire, l'apogée de l'effondrement de l'ancien régime et l'instauration d'un régime révolutionnaire n'apparaissent pas soudainement, mais il existe plutôt une étape de révolution préliminaire (la pré-révolution) qui y conduit. Autrement dit, le système en place et un système inachevé, servant de cadre au système révolutionnaire, coexistent et s'affrontent. On parle alors de « situation de contre-pouvoirs ».

Cette situation débutera officiellement lorsque la Convention des Communs Mondial adoptera le projet de Charte du Commonwealth Mondial et proclamera la création provisoire de ce dernier. En réaction, une fois la formation et le développement des Conventions des Communs achevés dans chaque région et chaque pays, une forme de contre-pouvoir primordial se mettra en place. En effet, chaque Convention des Communs est appelée à devenir l'organe directeur officiel après la révolution.

Cependant, pour instaurer un tel contre-pouvoir, il est nécessaire qu'une large partie de la population reconnaisse la légitimité démocratique des Conventions des Communes et qu'un mouvement populaire se dessine, appelant à la prise de conscience de l'importance de la révolution et à la participation à le non-vote collectif. Je dois admettre, en toute franchise, que c'est extrêmement difficile.

Premièrement, pour que la population reconnaisse que la Convention des Communes est l'institution politique qui représente véritablement la majorité, il est essentiel qu'elle puisse acquérir une supériorité numérique lui permettant d'affirmer la représenter, y compris auprès de sympathisants potentiels.

Par ailleurs, un accomplissement majeur des Conventions des Communes durant la phase préliminaire de la révolution réside dans leurs activités contre-législatives. Il s'agit notamment de l'établissement d'une charte qui servirait de norme suprême après la révolution. De plus, il est nécessaire, dès la phase révolutionnaire, de concevoir un système pour une économie planifiée et respectueuse de l'environnement, indépendante de l'économie monétaire et des autres lois fondamentales majeures.


2.2. Mise en œuvre du non-vote collectif

En effet, la tâche la plus complexe sur le plan technique consiste à organiser le non-vote collectif, élément central d'une révolution non armée. Comme mentionné précédemment, le seuil minimal de voix requis pour remporter une élection est intentionnellement fixé à un niveau extrêmement bas par la loi ; de sorte que même une légère baisse du taux d'abstention n'affecte pas la validité légale du scrutin.

Il est donc nécessaire d'organiser l'abstention jusqu'à invalider légalement l'élection. Mais est-ce réellement possible ? Il s'agit d'un défi sans précédent dans l'histoire mondiale.

Bien qu'il soit théoriquement possible de mener un non-vote collectif invalidant légalement toutes les élections, cela pourrait s'avérer impossible en pratique. Cependant, même si des élections à très faible participation sont juridiquement valides, elles perdent leur légitimité politique.

Dans une telle situation, il est possible que les Conventions des Communes, soutenues par des actions populaires telles que des manifestations de rue, mènent la révolution à la victoire. Par conséquent, comme nous l'avons vu au chapitre précédent, la méthode révolutionnaire de l'abstention collective ne peut réussir seule. Selon le contexte et la situation de chaque pays, elle peut être combinée à des méthodes telles que les soulèvements populaires.

Afin d'éviter une telle situation révolutionnaire, les pays établis peuvent instaurer le vote obligatoire ou renforcer les sanctions applicables aux systèmes de vote obligatoire déjà en vigueur. Dans ce cas, un mouvement de désobéissance civile doit être organisé pour permettre aux citoyens de s'abstenir par conscience et sans crainte de représailles.

Plus le nombre d'abstentionnistes est élevé, plus il devient difficile pour les forces de l'ordre et autres autorités de contrôler l'abstention. Il est donc essentiel de mener des campagnes de sensibilisation pour encourager l'abstention.


2.3. L'abstention comme droit politique

L'obstacle à la mise en œuvre du non-vote collectif réside dans l'idée que s'abstenir équivaut à un abandon du devoir civique. En effet, selon la pensée conventionnelle de la science politique bourgeoise occidentale, devenue populaire dans le monde entier, le vote est le droit sacré des électeurs., et c'est par notre vote éclairé que nous pouvons bâtir un avenir porteur d'espoir. S'abstenir serait considéré comme une folie et un manquement à son devoir d'électeur.

Cependant, il est toutefois possible de faire la distinction entre le « non-vote paresseux », qui est simplement dû à l'apathie politique, et le « non-vote révolutionnaire », qui est une expression plus active d'une intention de révolution. Il va de soi que l'abstention, en tant que nouvelle méthode de révolution non armée, n'est pas une simple « paresse civique », mais une « abstention révolutionnaire ».

La Convention des Communes prérévolutionnaire doit diffuser efficacement cette nouvelle idée d'abstention comme droit politique = abstention révolutionnaire à travers le monde, et à moins qu'elle n'y parvienne, il n'y aura pas de révolution non armée.


2.4. Établissement d'une situation de contre-pouvoir

Quoi qu'il en soit, à mesure que le taux d'abstention augmentera à chaque élection et que la légitimité du parlement et du gouvernement en place sera ébranlée, le peuple se détournera de ces institutions, incapables de faire face aux limites de plus en plus évidentes du capitalisme, et commencera à comprendre que la Convention des Communes est notre véritable organe représentatif politique. Il en résultera un boycott collectif final, acte de défiance totale envers le parlement et le gouvernement, qui entraînera leur chute.

Cela ne signifie pas que la révolution est achevée, mais que la situation de contre-pouvoir, telle qu'elle précédait la révolution, est établie, et que nous pouvons enfin nous trouver au point de départ de celle-ci.

Dans de nombreux pays, des dispositions constitutionnelles ont été prévues à l'avance afin d'éviter tout vide du pouvoir, en autorisant le gouvernement sortant à rester en fonction ou en désignant un gouvernement de remplacement, à moins qu'un nouveau gouvernement ne soit formé pour une raison quelconque après les élections. Même si aucun nouveau gouvernement n'est formé en raison du non-vote collectif, un système est en place qui permet à l'ancien régime de rester légalement en place. 

On peut prévoir que, dans la plupart des cas, l'ancien régime en place refusera de céder le pouvoir à la Convention des Communes et fera tout son possible pour empêcher l'instauration d'une administration révolutionnaire. Il convient donc d'envisager les processus qui suivent.



👉La table des matières jusqu'à présent est ici.


👇Vous trouverez ci-dessous des liens vers la table des matières des versions anglaise et espéranto.

 Anglais

 Espéranto

vendredi 3 avril 2026

Sur le Communisme:Page53

Anglais  Espéranto

Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

Une société communiste peut être réalisée par la révolution non armée du peuple. Un moyen puissant d'y parvenir est le non-vote collectif, comme mentionné précédemment. En quoi consiste donc ce processus ?



1. Déterminer le moment opportun pour la révolution.

1.1. Persistance de la souffrance sociale

Dans ce chapitre, j'aimerais examiner un processus pouvant servir de modèle pour une révolution potentielle, en me concentrant sur l'autre méthode de révolution abordée dans le chapitre précédent : la révolution fondée sur le non-vote collectif. Le premier obstacle est de déterminer le moment opportun pour la révolution.

Si une révolution ne se produit pas à une date précise comme un coup d'État, elle n'éclate pas non plus soudainement comme un séisme majeur. Il existe un moment propice à la révolution. En particulier, les révolutions fondées sur le non-vote collectif diffèrent des soulèvements populaires, souvent déclenchés par des manifestations spontanées, et le choix du moment est crucial. Alors, quel est ce moment opportun ?

Avant toute chose, il est essentiel que beaucoup prennent conscience des limites du capitalisme. Cela signifie que la crainte de ne plus pouvoir vivre sous ce système acquiert un caractère d'urgence bien réel.

Cependant, une Grande Dépression soudaine n'entraînera pas immédiatement une révolution. Historiquement, la Grande Dépression de 1929 n'a pas provoqué de révolutions, non seulement à son épicentre, les États-Unis, mais aussi en Europe, en Asie et dans d'autres pays.

Au cœur d'une crise économique brutale, les masses peuvent supporter une pauvreté temporaire et garder espoir en l'avenir. De ce fait, la volonté de mettre fin au capitalisme par la révolution n'émerge pas. Comme l'affirme la Déclaration d'indépendance des États-Unis : « Les hommes sont plus enclins à souffrir, tant que les maux sont supportables, qu'à se redresser en abolissant les formes auxquelles ils sont habitués.»

Par conséquent, une révolution ne surviendrait que lorsqu'une situation de souffrance insupportable et persistante s'installerait. Plus précisément, cette souffrance sociale, qu'il faudrait aussi appeler souffrance capitaliste, ne se limite pas à l'angoisse générale liée à l'alimentation et au logement due à l'aggravation de la crise environnementale. Elle englobe également des problèmes chroniques tels que l'insécurité permanente liée à la précarité de l'emploi et des retraites, la désintégration des communautés locales et l'éclatement des familles dus à la perte progressive du lien social, ainsi que la hausse de la criminalité engendrée par ces facteurs.

Par ailleurs, si le pouvoir politique parlementaire en place (ou le pouvoir électoral en général) se révèle incapable de prendre des mesures efficaces et appropriées pour faire face à ces crises chroniques, et si la situation perdure sans intervention, la patience de la population atteindra ses limites. Lorsque ces conditions seront quasiment réunies, on pourra y voir le signe avant-coureur d'une révolution.


1.2. L'ère du capitalisme tardif

Alors, quand exactement la révolution commencera-t-elle ? À cet égard, le « capitalisme mondial » actuel, en pleine expansion, prend l'allure d'une « économie tsunamique », où une crise économique et financière dans un pays se propage à l'échelle planétaire. Il faut également tenir compte de la stagnation de l'activité économique causée par des phénomènes naturels tels que des conditions météorologiques extrêmes, des catastrophes majeures et des maladies infectieuses, susceptibles de déclencher une récession économique mondiale.

De plus, même si l'économie connaît une phase de forte croissance temporaire, les entreprises se prépareront à l'imprévu et s'efforceront de réduire leurs coûts salariaux plus que jamais (exploitation préventive), ce qui aboutira à une reprise économique (stable) sans création d'emplois. Ce scénario est fort probable. Dans ce cas, le phénomène paradoxal de « vie difficile dans une économie florissante » devient tout à fait normal.

Le « capitalisme mondial » déstabilisera le système économique mondial, et les limites du capitalisme apparaîtront clairement dans chaque pays, à sa manière. De ce point de vue, on peut affirmer que le capitalisme est déjà entré dans une phase avancée de souffrance prolongée, telle que décrite précédemment, voire dans une phase apocalyptique.


1.3. L'heure de la formation de la Convention des Communes

Si tel est le cas, on peut dire que l'élan nécessaire à la mise en place de la Convention des Communes en tant qu'organisation révolutionnaire, comme proposé au chapitre précédent, est en train d'arriver. La structure de base de cette organisation ayant été décrite au chapitre précédent, je n'y reviendrai pas.

En résumé, la nouvelle révolution communiste du XXIe siècle (et au-delà) sera une série de révolutions mondiales qui débutera avec la formation de la Convention mondiale des Communes et se poursuivra par des révolutions au niveau national. et se conclut par la création du Commonwealth mondial. Le présent chapitre a pour objet de préciser les modalités de ce processus.



👉La table des matières jusqu'à présent est ici.


👇Vous trouverez ci-dessous des liens vers la table des matières des versions anglaise et espéranto.

 Anglais

 Espéranto

Sur le Communisme:Page55

Anglais    Espéranto Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE 2. Mettre en place des contre-pouvoirs. 2.5. Révolution communiste...