Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE
4. Faites avancer le processus de transition.
4.1. Préparation de la phase de transition
La mission principale de la Commission de transition révolutionnaire (Commission de transition) est d'accélérer le processus de transition vers l'avènement d'une société communiste. Durant cette période, les troubles politiques et économiques qui accompagnent souvent les révolutions sont à prévoir. La capacité à raccourcir cette période déterminera le succès ou l'échec de la révolution.
À titre indicatif, il est souhaitable de mener à bien la période de transition en trois à cinq ans. Pour ce faire, il est nécessaire d'en discuter au préalable au sein de la Convention des Communes et d'élaborer des plans et des préparatifs minutieux.
Les principales étapes de la transition sont énumérées ci-dessous. Cependant, le plan de transition économique constituera la partie la plus importante et la plus complexe de cette période ; je l'aborderai donc plus en détail dans le prochain article.
4.2. Élaboration de la Charte initiale (constitution)
Comme indiqué au chapitre précédent, la Commission de transition doit s'efforcer d'établir un système constitutionnel dans les plus brefs délais. Toutefois, compte tenu de la difficulté d'établir rapidement un tel système face à une révolution d'une telle ampleur, il convient d'examiner le processus séparément.
Lorsque nous parlons de « constitution » ici, il est important de préciser qu'il ne s'agit pas de la constitution telle que nous la connaissons aujourd'hui. La constitution, telle que nous la connaissons, présente les caractéristiques d'une loi fondamentale de l'État, déterminant sa structure. En revanche, dans une société communiste, comme cela a été maintes fois affirmé, l'État est aboli ; la constitution ne peut donc constituer la loi fondamentale de l'« État ».
La constitution devient alors l'ensemble des règles qui déterminent le fonctionnement de la société par le peuple, et ces règles sont exprimées sous la forme de la « Charte de la Convention des Communes » (ci-après dénommée simplement la « Charte »).
L'adoption de cette Charte comporte deux étapes. La première est la « Charte initiale », qui correspond à la toute première société communiste – une société communiste naissante, pour ainsi dire. La seconde est la « Charte complète », qui correspond à la société communiste mature qui a succédé à ce premier communisme.
Immédiatement après la révolution, la Convention des Communes se chargera sans doute de créer« Comité de rédaction de la Charte » chargé d'élaborer la première Charte initiale. Ce comité, en collaboration avec la Convention mondiale des Communes, qui est également le siège des Conventions des Communes du monde, utilisera la Charte déjà en vigueur de la Convention mondiale des Communes comme source de droit et mènera à bien le processus de transition afin de formuler un projet de Charte approprié.
De plus, dans le cadre du système des Conventions des Communes, les Conventions locales des Communes de chaque zone peuvent également adopter leurs propres Chartes, dans le respect de la Charte zonale. Ainsi, les Conventions locales des Communes, à tous les niveaux, peuvent procéder à l'élaboration de leurs Chartes.
4.3. Mise en place d'un régime politique républicain
Parmi les questions constitutionnelles, le choix du régime politique revêt une importance particulière. Le système politique communiste est, par essence, républicain ; or, le système de la « Convention des Communes » implique une transition vers une « régime politique républicain des Communes » où le peuple gouverne directement par le biais de ces conventions, plutôt que de déléguer l'administration à un président ou à un autre haut responsable.
Une telle régime politique républicain des Communes est incompatible avec une monarchie ou tout autre régime de nature héréditaire. Cette question touche à l'existence et à l'abolition des monarchies ayant perdu leur autorité politique pour ne conserver qu'une fonction symbolique (monarchies symboliques), à l'instar du système impérial japonais.
En conclusion, la monarchie symbolique sera inévitablement abolie après la révolution communiste. Toutefois, la signification de cette « abolition » mérite une analyse approfondie.
En d'autres termes, c'est la monarchie en tant que système politique qui est ici « abolie ». Il convient de distinguer cette mesure de la question de savoir si la famille royale elle-même doit être supprimée.
Certes, une république poussée jusqu'au bout exigerait l'abolition de la famille royale elle-même. Historiquement, lorsque la monarchie était renversée par un soulèvement populaire, la famille royale était entièrement démantelée, ce qui conduisait parfois à l'exécution du monarque (comme lors des révolutions française et russe).
Cependant, ces événements trouvaient leur origine dans la haine du peuple envers les monarchies autocratiques ; or, les monarchies symboliques, ayant perdu depuis longtemps toute autorité politique, ne suscitent généralement pas une telle haine populaire. Le démantèlement de la famille royale dans le cadre d'une monarchie symbolique — et plus encore l'exécution du monarque — ne ferait qu'éveiller la sympathie de la population et risquerait de provoquer un soulèvement contre-révolutionnaire parmi les royalistes.
Par conséquent, s'agissant de l'abolition de la monarchie symbolique, il serait plus sage d'adopter une approche partielle — abolissant la monarchie tout en maintenant la famille royale — plutôt que de chercher à abolir également la famille royale.
Toutefois, le maintien de la famille royale signifie simplement que ses membres conservent un titre honorifique, sans aucun privilège associé. Ainsi, non seulement les services administratifs internes, tels que les Maisons royales, seraient supprimés, mais les membres de la famille royale seraient encouragés à devenir des citoyens ordinaires.
4.4. Défense révolutionnaire
La période de transition étant également propice à l'émergence de mouvements contre-révolutionnaires sous diverses formes, l'organisation de la défense du système révolutionnaire — érigée en mission propre de la Commission de transition — devient un axe politique majeur de cette période. S'agissant de cette défense de la révolution, on peut distinguer les mesures intérieures des mesures extérieures.
(a) Mesures intérieures
Au cours de l'histoire, les mesures intérieures de défense révolutionnaire ont souvent été synonymes de violations des droits humains, suscitant la peur à l'égard de la révolution. Il convient notamment d'éviter la création d'une police politique secrète dont la vocation directe serait de défendre la révolution, car une telle structure favorise les violations des droits humains.
Par conséquent, plutôt que de s'en remettre à une police politique pour assurer la défense révolutionnaire, il convient de mettre en place une organisation de défense révolutionnaire ancrée à la base. Cette organisation aura pour objectif de sensibiliser activement la société à la portée de la révolution et d'associer la population à l'œuvre révolutionnaire. Il s'agit de la « Liaison pour la défense de la révolution » (LDR).
En d'autres termes, l'action ne se limite pas à une défense passive — telle que la collecte d'informations et la surveillance des mouvements de groupes ou d'individus soupçonnés d'activités contre-révolutionnaires ; elle implique également de diffuser activement des informations sur les politiques révolutionnaires au niveau local et de tisser des liens avec les « Conventions des Communes ». Il s'agit, en somme, d'une organisation globale de défense révolutionnaire qui œuvre aussi à sensibiliser le grand public aux idéaux de la révolution.
À cette fin, la LDR s'appuie sur des membres (médiateurs) chargés de diffuser les informations sur les politiques révolutionnaires et de nouer des relations locales, sur du personnel (chargés de communication) responsable de sensibiliser le public via Internet et d'autres canaux d'information, ainsi que sur des agents chargés de recueillir des renseignements et de surveiller les activités contre-révolutionnaires. (*)
Une telle défense révolutionnaire, portée par une organisation civile inclusive, permet également d'éviter les mesures coercitives brutales — telles que les purges de masse — qui ont caractérisé les révolutions historiques passées. Comme nous le verrons plus loin, l'ancienne structure gouvernementale subsistant durant la période de transition, il convient de maintenir en poste les fonctionnaires ordinaires ; il suffit de révoquer individuellement les agents qui se livrent manifestement à des actes de sabotage contre-révolutionnaire.
Toutefois, dans les pays où l'armée exerce une forte influence politique, une certaine vigilance s'impose face au risque de coup d'État militaire contre-révolutionnaire. À cette fin, il est nécessaire d'affecter un officier chevronné, acquis aux idéaux de la révolution, auprès de l'adjoint du Commissaire à la transition chargé des questions de paix — lequel exerce le contrôle sur l'armée — et de s'efforcer d'intégrer les officiers de rang intermédiaire et subalterne au système révolutionnaire.
*Les membres de la LDR devant être profondément convaincus de la nécessité de défendre la révolution, ils sont recrutés par voie de sélection parmi des candidats appropriés plutôt que par un recrutement ouvert.
(b) Mesures diplomatiques
Historiquement, de nombreuses révolutions ont suscité l'ingérence de pays étrangers craignant leur propagation, ce qui conduit souvent à la guerre. Il est donc essentiel de prendre des mesures diplomatiques pour défendre la révolution.
À cet égard, l'organisation transnationale des « Conventions des Communes » revêt une importance capitale. La révolution communiste sera, en fin de compte, la première d'une série de révolutions (des « révolutions en dominos ») se propageant à travers le monde pour vaincre l'ingérence des forces étrangères contre-révolutionnaires et parvenir à son achèvement. Ces révolutions en dominos — que j'aborderai à nouveau dans le chapitre suivant — ne constituent pas une simple « exportation de la révolution », mais une vague révolutionnaire mondiale.
En ce sens, l'essence de la défense révolutionnaire sur le plan diplomatique réside dans la solidarité transnationale des Conventions des Communes — ce qui diffère de la diplomatie technique en tant que telle — et, plus précisément, dans l'existence de la Convention mondiale des Communes. C'est pourquoi les révolutions ne sauraient être unilatérales : il est nécessaire de promouvoir la création du Commonwealth mondial dès le départ.
4.5. Plan de transition économique
Le passage d'une économie capitaliste — ou de tout autre système d'économie de marché — à une économie planifiée communiste constitue l'événement le plus important et le plus ardu de la période de transition ; il doit lui-même être guidé par une « planification » minutieuse. Comme annoncé au début, j'aborderai cette question ultérieurement.
4.6. Administration de transition
Bien que l'État soit aboli dans une société communiste, les anciennes structures gouvernementales subsistent tant au niveau central que local durant la période de transition.
Durant cette phase, la Commission de transition révolutionnaire sera chargée de chaque domaine administratif au sein du gouvernement central ; parallèlement, les principaux ministères continueront d'assurer leurs fonctions administratives tout en préparant leur parallèlement, les principaux ministères continueront d'assurer leurs fonctions administratives tout en préparant leur transformation organisationnelle pour devenir un groupe de réflexion sur les politiques publiques.
Concernant l'administration locale, et conformément à une ordonnance spéciale émise par la Commission de transition, les responsables et conseillers encore en poste au sein de toutes les collectivités locales seront d'abord démis de leurs fonctions simultanément. Par ailleurs, les anciennes collectivités locales de grande envergure, telles que les préfectures, passeront sous le contrôle de la Convention provisoire des Communes préfectorale ; cette dernière œuvrera à leur intégration à la région provinciale en y dépêchant des « commissaires administratifs provisoires » (équivalents aux gouverneurs) et des « commissaires administratifs provisoires adjoints » (équivalents aux vice-gouverneurs).
En ce qui concerne les municipalités, la Convention provisoire des Communes municipale prendra immédiatement en main l'administration locale ; à titre provisoire, le président de cette Convention assumera également la fonction de maire et pilotera la réorganisation en communes communistes et en régions.
4.7. Promotion du plan de suppression de l'armée
La gestion de l'armée (y compris les organisations armées équivalentes) constitue un point crucial pour l'administration de transition. Dans une société communiste, l'armée permanente finira par être supprimée ; toutefois, une telle mesure ne peut s'opérer que sur la base du droit international (traités). Il est donc nécessaire, dans l'intervalle, de maintenir l'armée tout en l'intégrant au système révolutionnaire. Néanmoins, durant la période de transition, il convient de faire avancer les plans de désarmement total — et non de simple réduction des armements — dans la perspective de la suppression future des armées permanentes.
Les modalités et l'ampleur de ce processus seront définies de manière stratégique, en tenant compte de la situation intérieure et internationale, notamment des risques d'ingérence armée de la part de pays contre-révolutionnaires et de coups d'État contre-révolutionnaires émanant de l'armée elle-même. À cet égard, il est primordial que le commissaire à la transition chargé des questions de paix — et responsable de la suppression de l'armée — prenne la direction de cette initiative.
Par ailleurs, bon nombre des compétences acquises par l'armée peuvent être mises à profit pour des opérations de sauvetage spécialisées lors de catastrophes de grande ampleur ; il est donc avantageux de procéder à une réorganisation partielle en équipes de sauvetage de pointe couvrant l'ensemble du territoire ou de vastes zones géographiques.
4.8. Système de justice transitionnelle
Au cours de la période de transition, on entreprendra également la mise en place d'un nouveau système judiciaire qui ne repose pas sur les structures policières et judiciaires actuelles, comme l'expose le chapitre 4.
Toutefois, le pouvoir judiciaire jouant un rôle dans le maintien de l'ordre et constituant un élément clé de la défense de la révolution, il convient d'agir avec prudence en adoptant des mesures transitoires et d'urgence appropriées afin d'éviter toute confusion. Par conséquent, la mise en œuvre du nouveau système judiciaire devra s'échelonner sur une période suffisante pour coïncider avec l'application de la Charte initiale.
4.9. Mise en œuvre l'examen de licence de délégué
Les Conventions des Communes à chaque échelon demeurent provisoires durant la période de transition ; des Conventions des Communes formelles, composées de délégués titulaires d'une licence, seront convoquées rapidement après la promulgation et l'entrée en vigueur de la Charte initiale. À cette fin, il est nécessaire d'instituer un examen pour l'obtention de la licence de délégué dès le début de la période de transition et d'organiser la première session d'examen avant l'achèvement du projet de Charte initiale.
4.10. Convocation de la Convention constituante des Communes
Une fois le projet initial de Charte achevé, la Convention constituante des Communes sera mise en place et convoquée. Les délégués à la Convention constituante des Communes sont choisis parmi les titulaires de licence ayant réussi l’examen unifié d’agrément des représentants, tout comme pour la Convention officielle des Communes. La convocation de la Convention constituante des Communes entraîne la dissolution de l’Assemblée générale précédente de la Convention des Communes.
4.11. Adoption et entrée en vigueur de la Charte initiale
Une fois le processus de la phase de transition susmentionnée en voie d'achèvement, nous entamerons la procédure finale d'établissement d'une Charte initiale. Bien que diverses méthodes puissent être envisagées, la méthode suivante est considérée comme la plus complète et la plus efficace.
Après que le projet de Charte, élaboré par le Comité de rédaction susmentionné, a été soumis à la Convention constituante des Communes constituante et adopté à la majorité, il doit également être approuvé à la majorité par au moins les deux tiers des Conventions des Communs provisoires à chaque niveau local.
Comme son nom l'indique, la Charte initiale revêt un caractère préliminaire et essentiellement provisoire ; par conséquent, un vote direct de la population n'est pas nécessairement requis à ce stade. Ainsi, la période de transition s'achèvera avec la promulgation et l'entrée en vigueur de la Charte initiale.
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