mardi 25 août 2026

Sur le Communisme:Page61

Anglais  Espéranto

Chapitre 10 : Vers le Commonwealth mondial

2. Bâtir une Terre communiste.

2.1. Création du Commonwealth mondial

À l'époque de la Guerre froide, évoquer le communisme à l'échelle mondiale vous aurait valu d'être inscrit sur la liste de surveillance des services de renseignement occidentaux ; ce n'est plus le cas aujourd'hui. Du moins, je l'espère.

Je peux donc affirmer aujourd'hui qu'il est possible d'instaurer le communisme sur toute la planète grâce à un effet domino de révolutions, et qu'une telle démarche est indispensable à la survie même de la Terre. En particulier, pour atteindre des normes environnementales mondiales garantissant la durabilité écologique, il est nécessaire d'instaurer une économie planifiée non seulement à l'échelle régionale, mais aussi à l'échelle planétaire.

Par ailleurs, il convient de parvenir à la suppression des armées nationales permanentes — qui figurent parmi les plus gros émetteurs de carbone du secteur public — ainsi qu'à un renoncement quasi universel à la guerre, activité par nature destructrice pour l'environnement.

Ce qui rend cela possible, c'est la création du Commonwealth mondial dont j'ai parlé à plusieurs reprises, et c'est là l'objectif ultime des révolutions mondiales incessantes.


2.2. Structure fondamentale du Commonwealth mondial

Bien que le Commonwealth mondial présente certaines similitudes avec l'actuelle Organisation des Nations unies, la différence politique cruciale réside dans l'abandon du concept de souveraineté nationale — et, par conséquent, de la notion d'États souverains exerçant une telle souveraineté.

L'actuelle Organisation des Nations unies se caractérise par une structure de fédération d'États membres souverains ; c'est précisément là que résident ses principales limites. Chaque État membre se réservant le droit d'agir selon ses propres intérêts nationaux, il n'existe aucune obligation de ratifier — qu'il s'agisse d'une simple résolution de l'Assemblée générale ou même d'un traité ayant valeur de droit international. La décision de ratifier est prise au nom de la souveraineté et des intérêts nationaux des États membres. Il arrive même que certains pays ne respectent pas les traités qu'ils ont pourtant ratifiés.

À l'inverse, dans le cadre du Commonwealth mondial, les États souverains sont abolis. Chaque « pays » conserve une administration autonome au sein d'un certain « domaine » — en tant que zone intégrée au Commonwealth mondial —, mais son pouvoir administratif est pleinement régi par la Charte du Commonwealth mondial (la Constitution mondiale) et par ses traités (le Droit mondial).

L'adoption de cette structure permettra également de faire disparaître la « question territoriale », cause première des guerres à travers l'histoire. En effet, aucune zone ne possède plus de « territoire » exclusif ; elle se voit simplement garantir un « domaine » sur lequel elle exerce un pouvoir administratif relatif.

Certes, des différends concernant l'étendue de ce « domaine » persisteront, et de nouveaux pourront surgir ; toutefois, tous ces « conflits de domaine » seront résolus pacifiquement, exclusivement par le biais d'instances de médiation placées sous l'autorité directe du Commonwealth mondial.

Par ailleurs, le nom officiel du Commonwealth mondial est *la Monda Komunumo* en espéranto, langue officielle provisoire. Nous aborderons la portée de ce choix dans la section suivante.


2.3. Économie planifiée mondiale

La différence la plus déterminante entre le Commonwealth mondial et l'actuelle Organisation des Nations unies réside dans l'aspect économique. Alors que les Nations unies ne sont rien de plus qu'une union politique d'États, le Commonwealth mondial se définit essentiellement comme une entité économique unifiée couvrant l'ensemble du globe.

En d'autres termes, il deviendra possible d'unifier à l'échelle mondiale les politiques économiques, lesquelles relèvent actuellement de la souveraineté de chaque pays en tant qu'affaires intérieures. Concrètement, à une échelle véritablement mondiale, la production de marchandises et les échanges monétaires seront abolis pour laisser place à une économie planifiée de type communiste et à une coopération économique complémentaire.

À cette fin, l'Organisation mondiale de planification économique sera créée en tant qu'organisme spécialisé placé sous le contrôle direct du Commonwealth mondial ; elle définira des objectifs de planification de la production à l'échelle mondiale, fondés sur des normes environnementales.

Plus précisément, l'Organisation mondiale de planification économique regroupera diverses associations professionnelles mondiales de production (par exemple, l'Association mondiale de l'acier, l'Association mondiale de l'industrie automobile, etc.). Ces associations intégreront les organisations de production de chaque zone, en se concentrant sur les secteurs industriels ayant un fort impact environnemental, particulièrement visés par les réglementations sur les émissions de dioxyde de carbone et d'autres substances nocives. Ces associations élaboreront et mettront en œuvre conjointement des plans économiques à l'échelle mondiale. On peut concevoir cette organisation comme une version globale de la Conférence de planification économique dans chaque zone.

Ces plans économiques mondiaux auront pour fonction d'établir un cadre général (un plafond) pour les activités de production à travers le monde. Cela ne signifie pas pour autant que la marge de manœuvre de chaque zone en matière de planification économique individuelle sera supprimée ; une fois ce système de plafonnement établi, la planification économique de chaque zone restera autonome dans les limites de ce plafond, qui fonctionnera comme un système de quotas.

Parallèlement, cette économie planifiée à l'échelle mondiale permettra également de se procurer, autant que possible auprès de sources géographiquement proches, les biens et services que chaque zone ne peut produire elle-même (par exemple, les voitures destinées à l'Afrique seront fournies par l'Europe voisine plutôt que par les États-Unis ou le Japon). Elle jouera aussi un rôle dans la coopération économique interrégionale.

Enfin, pour assurer la coordination économique dans le secteur de l'alimentation et de l'agriculture — domaine qui ne s'inscrit pas dans la planification économique générale —, sera créée l'Organisation mondiale de l'alimentation et de l'agriculture. Cette institution spécialisée du Commonwealth mondial reprendra et développera les missions de l'actuelle Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cela nous permettra de reconquérir l'alimentation et l'agriculture, actuellement accaparées par le capital international au nom du libre-échange.

La disparition du commerce international — aujourd'hui désigné sous le terme de « commerce mondial » — réduira considérablement l'immense volume de transports logistiques internationaux caractéristique du capitalisme mondialisé et contribuera également à la régulation des émissions de dioxyde de carbone.

Enfin, le communisme mondial peut apporter une contribution novatrice à la gestion durable des ressources naturelles. En d'autres termes, une Organisation mondiale des ressources naturelles — institution spécialisée du Commonwealth mondial — serait créée pour assurer, à l'échelle planétaire, l'extraction, la gestion et la distribution équitable des ressources naturelles ; celles-ci, tout comme la terre, deviendraient alors des biens sans propriétaire privé sous le régime communiste. Il conviendrait également d'envisager la création d'une Organisation mondiale des ressources en eau distincte, chargée de préserver l'eau — ressource vitale pour tous les êtres vivants — et d'en assurer un approvisionnement hygiénique et équitable.

Grâce à ces mesures, il sera possible de mettre en œuvre une gestion intensive des ressources naturelles respectueuse de l'environnement mondial et de surmonter les effets néfastes du nationalisme ou du capitalisme liés aux ressources.


2.4. L'universalité du communisme

À ce propos, lorsque l'on évoque le communisme mondial, on peut se demander s'il est possible d'unifier les peuples de la planète — aux contextes culturels et aux niveaux de développement économique et social variés — sous la bannière du communisme.

Voici ma réponse à cette question : le communisme n'impose pas un modèle culturel ou de développement spécifique ; il s'agit simplement d'un système de gestion sociale axé sur la production et le travail. Par conséquent, tout comme le système capitaliste s'est répandu à l'échelle mondiale avec une universalité considérable, il est tout à fait possible que le système communiste se diffuse de manière tout aussi universelle, voire davantage.

Je crois notamment que l'affranchissement de la domination monétaire constituera probablement une bonne nouvelle pour tous les peuples du monde. En effet, le développement extrêmement inégal entre les nations — symbolisé par le problème, toujours irrésolu, de la disparité Nord-Sud à l'échelle mondiale et par celui de la disparité Sud-Sud, devenu plus marqué ces dernières années — découle précisément des écarts dans la quantité de monnaie détenue par les différents pays.

En ce sens, si les humains forment des « groupes ethniques » aux caractéristiques diverses, ils forment avant tout un « peuple commun » universel, dont le but commun est l’avènement du communisme.



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vendredi 14 août 2026

Sur le Communisme:Page60

Anglais  Espéranto

Chapitre 10 : Vers le Commonwealth mondial

L'objectif ultime de la révolution communiste est le Commonwealth mondial. Il s'agit de la création d'un véritable « village planétaire », et non d'un simple vœu pieux. Pour la première fois, une paix durable régnera sur Terre. Comment y parvenir ?



1. Provoquer des « révolutions en cascade ».

1.1. Les grands concepts de Marx et Engels

La théorie des dominos a connu un certain succès en tant que doctrine politique internationale anticommuniste durant la Guerre froide. Cette théorie, souvent citée, est notamment connue pour avoir mis l'accent sur le danger d'un effet domino de révolutions communistes en Asie afin de justifier l'intervention militaire au Vietnam pendant la guerre d'Indochine. Cependant, certains aspects de cette théorie des dominos peuvent être utilisés contre elle en tant que théorie révolutionnaire.

Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, une révolution communiste ne peut être l'œuvre d'un seul pays, mais ne peut aboutir que dans le cadre d'une vague révolutionnaire mondiale.

Marx et Engels, dans leur jeunesse, affirmaient que « le communisme n'est possible que comme un acte uni et simultané des principaux peuples », et soulignaient que leurs conditions préalables étaient « le développement général des forces productives et des échanges mondiaux qui en découlent ». Une révolution mondiale simultanée !

Au milieu du XIXe siècle, ces mots n'auraient relevé que de la grandiloquence. Mais aujourd'hui, grâce aux progrès considérables des transports et des technologies de l'information et de la communication, l'idée d'une « révolution mondiale simultanée » n'est plus une utopie.

Il est tout à fait possible de créer une situation révolutionnaire continue où les révolutions se succèdent sur une courte période, du moins parmi les grandes puissances. Pour ce faire, il convient de commencer par la formation de la Convention mondiale des Communes, un réseau révolutionnaire de personnes visant à réaliser une société communiste, comme évoqué précédemment.


1.2. Géopolitique de la révolution

Je souhaite ici préciser comment la série de révolutions décrite précédemment peut concrètement se produire, ainsi que ce que l'on peut appeler la géopolitique des révolutions.

Tout d'abord, où la mèche de la révolution sera-t-elle allumée ? Étonnamment, je répondrais : quelque part dans un pays capitaliste développé. Une révolution communiste dans un pays où le capitalisme est solidement ancré peut sembler impossible au premier abord ; pourtant, plus le capitalisme se développe, plus ses limites apparaissent de manière nette et évidente. C'est pourquoi se concrétise ce paradoxe : la possibilité d'une révolution devient une réalité dans ces pays, et tout particulièrement aux États-Unis. Une révolution communiste américaine !!

Même les Américains « progressistes » pourraient y voir une mauvaise blague. Toutefois, lorsque les Américains eux-mêmes réaliseront que l'Amérique — une société imprégnée de l'esprit de la « Frontière », fondée sur l'autonomie communautaire et une culture de l'entraide et du soutien mutuel indépendante de l'État — est le lieu idéal pour le type de communisme décrit jusqu'ici (appelons-le « communisme libre » pour qu'il trouve un écho auprès du peuple américain), alors nous pourrons nous attendre à ce qu'une série de révolutions mondiales débute aux États-Unis.

Lorsque cela se produira, l'effet d'entraînement sera sans aucun doute considérable. Le mouvement se propagera probablement directement aux autres pays capitalistes développés, comme ceux d'Europe et le Japon, déclenchant une vague révolutionnaire. À partir de là, tel un jeu de dominos, la révolution se propagera des États-Unis vers l'Amérique centrale et du Sud, de l'Europe vers l'Afrique et le Moyen-Orient, et même vers les pays d'Asie, pour finalement atteindre les pays capitalistes moins développés.

Dans ces pays moins développés, souvent régis par des systèmes politiques despotiques, subsistent fréquemment de grands domaines fonciers et des formes flagrantes de discrimination de classe ; le potentiel révolutionnaire y a considérablement augmenté. Nous pourrions également assister, dans certains de ces pays, à des révolutions prenant la forme de soulèvements populaires.

En revanche, dans les pays capitalistes émergents (y compris la Chine, dotée d'une « économie de marché socialiste »), il subsiste une marge pour le développement du capitalisme, et les attentes de la population à son égard restent profondément ancrées. Par conséquent, il pourrait s'avérer difficile pour la révolution de se propager.

De fait, la croissance économique capitaliste remarquable de ces pays émergents est perçue, par des nations développées comme les États-Unis, les pays européens et le Japon — qui ont montré des signes de déclin ces dernières années — comme la clé de leur propre relance économique grâce à l'exportation de produits, de services et de capitaux.

Par ailleurs, dans des pays comme la Russie et ceux d'Europe de l'Est, qui sont « revenus » du communisme autoproclamé (collectivisme) au capitalisme, la Grande Récession a frappé alors même que commençaient à apparaître des symptômes tels que le creusement des inégalités de classe propres au capitalisme et la détérioration des systèmes de protection sociale.

Toutefois, dans ces pays, plus encore que la désillusion à l'égard du capitalisme, c'est la méfiance, voire la haine, envers le pseudo-communisme — dont l'ancien régime ne faisait qu'une rhétorique creuse — qui prédomine.  Une révolution communiste prendra plus qu'un certain temps.

Malgré cela, les pays émergents, y compris la Chine qui poursuit son ascension, finiront inévitablement par se heurter aux limites de la croissance. En conséquence, nous atteindrons un stade où la croissance économique mondiale — portée pour l'heure par les pays émergents — ralentira et finira par décliner dans son ensemble. Si cela se produit, la prise de conscience collective des limites du capitalisme s'étendra à l'échelle mondiale.

Ce moment marquera le véritable point de départ d'une révolution mondiale continue ; le déclenchement d'une révolution communiste dans les pays capitalistes avancés servira alors de signal pour inciter les populations d'autres pays à passer elles aussi à l'action.



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lundi 3 août 2026

Sur le Communisme:Page59

Anglais  Espéranto

Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

6. La société communiste commence.

6.1. Le communisme naissant

Si la confusion passagère propre à la période de transition est réduite au minimum et que cette étape est franchie avec succès, la société communiste pourra enfin voir le jour. Cette société communiste à ses débuts constitue la « phase initiale du communisme ».

Bien qu'elle succède à la période de transition, cette phase demeure instable ; il s'agit d'une période de transformation durant laquelle les politiques communistes sont activement mises en œuvre. Il est difficile de prédire la durée de ce processus, mais il serait préférable de prévoir un délai d'au moins dix ans. Les principaux chantiers de cette période sont énumérés ci-dessous.


6.2. Abolition du système monétaire

L'aboutissement de la révolution économique au sein des premières sociétés communistes est l'abolition du système monétaire. Bien entendu, cela ne signifie pas simplement supprimer la monnaie physique et passer au « tout numérique » ; il s'agit d'abolir le système monétaire dans son ensemble — y compris les monnaies virtuelles — qui est imposé comme moyen d'échange.(*) Toutefois, certains points méritent une attention particulière.

Dans l'idéal, cette mesure devrait être mise en œuvre simultanément à l'échelle mondiale par le biais d'un traité afin d'éviter toute confusion. Il est donc souhaitable d'établir un mécanisme de démantèlement du système monétaire englobant les banques centrales de chaque zone, sous l'égide de la Convention Mondiale des Communes, et d'apporter un soutien unifié à l'abolition du système monétaire dans chaque zone.

Dans ce processus, la liquidation totale des institutions financières, en particulier des banques, est essentielle. Pour mener à bien cette tâche, il est nécessaire de mettre en place une cellule centrale de liquidation financière au sein de chaque banque centrale de zone, de prendre en charge toutes les entités en liquidation issues de chaque banque et des autres institutions financières, et d'organiser l'ensemble des comptes.

Tous les dépôts sur ces comptes de liquidation seront bloqués et invalidés sous le contrôle de la banque centrale. Toutefois, les procédures de retrait et de remboursement resteront possibles pour les comptes détenus au nom d'étrangers (y compris des sociétés) dans les pays à économie de marché. Par ailleurs, la banque centrale supervisera l'ensemble du processus de suppression du système monétaire et sera elle-même, à terme, abolie.

An revanche, un décalage temporel est inévitable pour la propagation de la révolution à travers le monde. Par conséquent, si les échanges commerciaux avec des pays n'ayant pas encore basculé dans le communisme doivent se poursuivre provisoirement, la banque centrale devra détenir les réserves de change nécessaires au règlement de ces transactions. Les échanges restants avec ces pays non révolutionnés seront probablement gérés par la fusion de toutes les sociétés commerciales et la création d'une « Société intégrée de commerce extérieur » provisoire, agissant comme guichet commercial unique.

Enfin, un problème sérieux pourrait survenir suite à l'abolition du système monétaire : un afflux de touristes étrangers venus de pays où ce système est toujours en vigueur, cherchant à se procurer gratuitement des biens. Pour faire face à cette situation, les étrangers — à l'exception des résidents permanents et de ceux disposant d'un statut de résident de longue durée — seront, pour l'heure, inévitablement soumis à des dispositions spécifiques les autorisant à acquérir des biens uniquement dans certains magasins supervisés par la banque centrale et acceptant les paiements en devises étrangères.

Ainsi, au sein des premières sociétés communistes, parallèlement au maintien d'échanges résiduels, certaines formes de transactions commerciales impliquant une contrepartie monétaire subsistent dans le cadre des relations avec l'étranger.

*La mesure d'abolition vise la monnaie officielle émise par l'État. La question d'autoriser ou non la circulation de monnaies privées (y compris les monnaies virtuelles) — émises par des entités privées et valables uniquement au sein de cercles d'échanges restreints — relève de la politique économique. Si l'on assimile ces transactions en monnaie privée à une forme de troc, il peut être acceptable de les classer dans la catégorie du troc, au sein du processus de production et de distribution libre s'opérant en dehors d'une économie planifiée durable.


6.3. Lancement de l'économie planifiée

Les sociétés faîtières préparées durant la période de transition seront transformées en diverses organisations de production et d'activité économique ; le Conseil préparatoire à la transition vers l'économie planifiée sera officiellement inauguré sous le nom de Conférence de planification économique, marquant simultanément le lancement de la première économie planifiée (le premier plan triennal). Par ailleurs, dans les secteurs adoptant un système de production libre et non planifié, de nouvelles formes d'organisation de la production, telles que celles décrites au chapitre 3, seront mises en place successivement parallèlement à l'abolition du système des sociétés par actions.


6.4. Progression de la révolution sociale

Au-delà du domaine économique, les révolutions sociales de grande envergure évoquées dans chaque chapitre se poursuivront dans divers domaines tels que la famille, la protection sociale, l'éducation et les médias. Toutefois, les transformations dans ces secteurs pourraient nécessiter davantage de temps à l'échelle historique que dans le domaine économique et ne pas s'achever au cours de la phase initiale de la société communiste.


6.5. Mise en place de la Convention des communes zonale

L'élément clé du système politique des sociétés communistes à leur stade initial est l'instauration officielle de la Convention des communs au niveau zonal. En d'autres termes, une fois la Charte initiale promulguée et entrée en vigueur, un tirage au sort sera organisé pour désigner le premier groupe de délégués à la Convention des communes.

Parallèlement, la Commission de transition révolutionnaire — qui constituait l'organe révolutionnaire central durant la période de transition — est rebaptisée « Conseil révolutionnaire » (ci-après dénommé « le Conseil ») et voit son rôle évoluer pour devenir celui d'un organe consultatif auprès de la Convention des communes.

Ainsi, le Conseil est consulté ou émet des avis sur les questions débattues par la Convention des communes, jouant par là même un rôle de conseiller auprès de cette instance nouvellement créée. Les membres du Conseil sont élus par la Convention des communs parmi les personnes ayant contribué à la révolution, pour un mandat d'environ six ans.

Simultanément, des Conventions des communes locales seront également officiellement établies.


6.6. Abolition des institutions gouvernementales

Durant la période de transition, la structure du gouvernement central encore en place est démantelée et une gouvernance unifiée, assurée par la Convention des Communes, est mise en œuvre. Parallèlement, de nombreux anciens ministères et organismes sont transformés en groupes de réflexion stratégique directement rattachés à la Convention des Communes ; toutefois, certains ministères, tels que le ministère des Finances et l'Agence nationale des impôts, disparaissent en même temps que le système monétaire.

Le ministère des Affaires étrangères subsiste provisoirement en tant qu'organe diplomatique (quartier général diplomatique) de la Convention des Communes jusqu'à l'établissement officiel du Commonwealth mondial, sujet qui sera abordé au chapitre suivant. Une fois le Commonwealth mondial instauré, les relations diplomatiques actuelles entre États souverains cessent d'exister ; elles sont remplacées par la Mission de liaison du Commonwealth mondial, qui constitue l'organe de représentation permanente de cette entité.

Par ailleurs, à ce stade, la suppression et la transformation de l'ancienne structure d'administration locale sont achevées, et les Conventions des Communes de chaque région entament officiellement leurs activités.


6.7. Mise en œuvre du plan de désarmement

Le plan de désarmement élaboré durant la période de transition entrera dans sa phase de mise en œuvre. Si la Charte du Commonwealth mondial entre officiellement en vigueur et qu'un traité de désarmement fondé sur cette Charte est conclu, le processus d'abolition des armées permanentes se déroulera conformément aux dispositions du traité.


6.8. Établissement de la Charte définitive

Une fois les étapes importantes mentionnées ci-dessus franchies, la Convention des Communes prendra en compte les résultats obtenus et entamera la rédaction de la Charte définitive.

Cette Charte définitive correspond à la « société communiste mature », faisant suite à la première société communiste. La principale modification réside dans la suppression du Conseil et son intégration complète à la Convention des Communes. Autrement dit, la Convention des Communes deviendra autonome, et la société communiste atteindra ainsi sa pleine maturité.

Pour être définitive, cette Charte définitive devra être approuvée par un vote majoritaire des populations de la zone. Toutefois, dans les zones fédérales, il serait préférable d'exiger l'approbation par un vote direct à la majorité d'au moins trois quarts des quasi-zones composant la fédération.


6.9. Du communisme mature au communisme avancé

Après avoir traversé cette société communiste mature, lorsque la majorité de la population devient une « génération qui ne connaît pas le capitalisme », on entre dans une société communiste développée, c'est-à-dire une « société communiste avancée ».

À ce stade, pour la première fois, une société avec un système de travail purement volontaire comme celui envisagé au chapitre 3 pourra-t-elle se réaliser ? Nous n'avons d'autre choix que de laisser cela à la sagesse des générations futures.



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