dimanche 19 avril 2026

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Chapitre 9 : LE PROCESSUS DE LA RÉVOLUTION NON ARMÉE

2. Mettre en place des contre-pouvoirs.

2.1. Pré-révolution

Dans le processus révolutionnaire, l'apogée de l'effondrement de l'ancien régime et l'instauration d'un régime révolutionnaire n'apparaissent pas soudainement, mais il existe plutôt une étape de révolution préliminaire (la pré-révolution) qui y conduit. Autrement dit, le système en place et un système inachevé, servant de cadre au système révolutionnaire, coexistent et s'affrontent. On parle alors de « situation de contre-pouvoirs ».

Cette situation débutera officiellement lorsque la Convention des Communs Mondial adoptera le projet de Charte du Commonwealth Mondial et proclamera la création provisoire de ce dernier. En réaction, une fois la formation et le développement des Conventions des Communs achevés dans chaque région et chaque pays, une forme de contre-pouvoir primordial se mettra en place. En effet, chaque Convention des Communs est appelée à devenir l'organe directeur officiel après la révolution.

Cependant, pour instaurer un tel contre-pouvoir, il est nécessaire qu'une large partie de la population reconnaisse la légitimité démocratique des Conventions des Communes et qu'un mouvement populaire se dessine, appelant à la prise de conscience de l'importance de la révolution et à la participation à le non-vote collectif. Je dois admettre, en toute franchise, que c'est extrêmement difficile.

Premièrement, pour que la population reconnaisse que la Convention des Communes est l'institution politique qui représente véritablement la majorité, il est essentiel qu'elle puisse acquérir une supériorité numérique lui permettant d'affirmer la représenter, y compris auprès de sympathisants potentiels.

Par ailleurs, un accomplissement majeur des Conventions des Communes durant la phase préliminaire de la révolution réside dans leurs activités contre-législatives. Il s'agit notamment de l'établissement d'une charte qui servirait de norme suprême après la révolution. De plus, il est nécessaire, dès la phase révolutionnaire, de concevoir un système pour une économie planifiée et respectueuse de l'environnement, indépendante de l'économie monétaire et des autres lois fondamentales majeures.


2.2. Mise en œuvre du non-vote collectif

En effet, la tâche la plus complexe sur le plan technique consiste à organiser le non-vote collectif, élément central d'une révolution non armée. Comme mentionné précédemment, le seuil minimal de voix requis pour remporter une élection est intentionnellement fixé à un niveau extrêmement bas par la loi ; de sorte que même une légère baisse du taux d'abstention n'affecte pas la validité légale du scrutin.

Il est donc nécessaire d'organiser l'abstention jusqu'à invalider légalement l'élection. Mais est-ce réellement possible ? Il s'agit d'un défi sans précédent dans l'histoire mondiale.

Bien qu'il soit théoriquement possible de mener un non-vote collectif invalidant légalement toutes les élections, cela pourrait s'avérer impossible en pratique. Cependant, même si des élections à très faible participation sont juridiquement valides, elles perdent leur légitimité politique.

Dans une telle situation, il est possible que les Conventions des Communes, soutenues par des actions populaires telles que des manifestations de rue, mènent la révolution à la victoire. Par conséquent, comme nous l'avons vu au chapitre précédent, la méthode révolutionnaire de l'abstention collective ne peut réussir seule. Selon le contexte et la situation de chaque pays, elle peut être combinée à des méthodes telles que les soulèvements populaires.

Afin d'éviter une telle situation révolutionnaire, les pays établis peuvent instaurer le vote obligatoire ou renforcer les sanctions applicables aux systèmes de vote obligatoire déjà en vigueur. Dans ce cas, un mouvement de désobéissance civile doit être organisé pour permettre aux citoyens de s'abstenir par conscience et sans crainte de représailles.

Plus le nombre d'abstentionnistes est élevé, plus il devient difficile pour les forces de l'ordre et autres autorités de contrôler l'abstention. Il est donc essentiel de mener des campagnes de sensibilisation pour encourager l'abstention.


2.3. L'abstention comme droit politique

L'obstacle à la mise en œuvre du non-vote collectif réside dans l'idée que s'abstenir équivaut à un abandon du devoir civique. En effet, selon la pensée conventionnelle de la science politique bourgeoise occidentale, devenue populaire dans le monde entier, le vote est le droit sacré des électeurs., et c'est par notre vote éclairé que nous pouvons bâtir un avenir porteur d'espoir. S'abstenir serait considéré comme une folie et un manquement à son devoir d'électeur.

Cependant, il est possible de distinguer l'abstention par paresse, due à une simple apathie politique, de l'abstention révolutionnaire, expression plus active d'une volonté de révolution. Il va de soi que l'abstention, en tant que nouvelle méthode de révolution non armée, n'est pas une simple « paresse civique », mais une « abstention révolutionnaire ».

La Convention des Communes prérévolutionnaire doit diffuser efficacement cette nouvelle idée d'abstention comme droit politique = abstention révolutionnaire à travers le monde, et à moins qu'elle n'y parvienne, il n'y aura pas de révolution non armée.


2.4. Établissement d'une situation de contre-pouvoir

Quoi qu'il en soit, à mesure que le taux d'abstention augmentera à chaque élection et que la légitimité du parlement et du gouvernement en place sera ébranlée, le peuple se détournera de ces institutions, incapables de faire face aux limites de plus en plus évidentes du capitalisme, et commencera à comprendre que les Conventions des communes constituent nos véritables organes de représentation politique. Il en résultera un boycott collectif final, acte de défiance totale envers le parlement et le gouvernement, qui entraînera leur chute.

Cela ne signifie pas que la révolution est achevée, mais que la situation de contre-pouvoir, telle qu'elle précédait la révolution, est établie, et que nous pouvons enfin nous trouver au point de départ de celle-ci.

Dans de nombreux pays, des dispositions constitutionnelles ont été prévues à l'avance afin d'éviter tout vide du pouvoir, en autorisant le gouvernement sortant à rester en fonction ou en désignant un gouvernement de remplacement, à moins qu'un nouveau gouvernement ne soit formé pour une raison quelconque après les élections. Même si aucun nouveau gouvernement n'est formé en raison du non-vote collectif, un système est en place qui permet à l'ancien régime de rester légalement en place. 

On peut prévoir que, dans la plupart des cas, l'ancien régime en place refusera de céder le pouvoir à la Convention des Communes et fera tout son possible pour empêcher l'instauration d'une administration révolutionnaire. Il convient donc d'envisager les processus qui suivent.



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